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Cet article est issu du dossier «Angola : João Lourenço tiendra-t-il ses promesses économiques ?»

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Finance

Affaire Quantum Global : Luanda veut faire la lumière sur son fonds souverain

Jean-Claude Bastos de Morais, patron de la société suisse Quantum Global, est au cSur de la tourmente. © DR

Après le limogeage de José Filomeno Dos Dantos, qui dirigeait le Fonds souverain angolais depuis 2013, la justice du pays se penche sur la gouvernance de la société suisse Quantum Global, qui gérait 85 % de ce fonds.

À son arrivée au pouvoir, João Lourenço a repris en main le fonds souverain angolais, lancé en 2012 et doté de 5 milliards de dollars (3,9 milliards d’euros). Il y a d’abord eu le limogeage de son patron, le fils de l’ex-président dos Santos, José Filomeno. Ensuite, la justice s’est penchée sur un virement suspect de 500 millions de dollars réalisé par ce dernier.

Enfin, la direction du fonds souverain a annoncé vouloir retirer la gestion de ses actifs à la société suisse Quantum Global, en raison de doutes sur sa gouvernance. Face au manque d’informations (le dernier rapport d’activité sur le site du fonds date de 2015) ou l’incohérence de ces dernières (plus-values fictives ou exagérées), l’opposition et la société civile exigent aussi des réponses.

Paradise Papers

Pourquoi Quantum Global gérait-elle 85 % des actifs quand la pratique recommande un portefeuille de gestionnaires ? Comment certains investissements ont-ils donné lieu à des contrats avec des sociétés privées liées au gestionnaire ? La rémunération de Quantum – 60 à 70 millions de dollars par an depuis 2015 – était-elle normale ?

Brillant investisseur suisso-angolais d’une cinquantaine d’années, le patron de Quantum Global, Jean-Claude Bastos de Morais, se retrouve au cœur de l’attention des autorités. En plus du risque de perdre la gestion du fonds, ce proche de José Filomeno a vu les comptes de sa société à Maurice gelés à la demande de Luanda.

Ce qu’il conteste en justice, dénonçant la rupture d’engagements contractuels par le fonds et défendant sa bonne gestion. Mais sa condamnation en 2011 par la justice suisse pour des versements illégaux, son apparition dans les Paradise Papers comme « client à haut risque » du cabinet Appleby et sa proximité avec le clan dos Santos ne devraient pas inciter les autorités à desserrer leur étreinte.

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