Arts

Photographie : l’imprimé félin immortalisé par Émilie Régnier

L'actrice Arielle Dombasle photographiée par Émilie Régnier dans une salle du Musée de la chasse à Paris. © Émilie Régnier

Dans le cadre du off de la Biennale de Dakar, la photographe canadienne Émilie Régnier présentait sa série « Léopard » jusqu’au 23 mai. Toutes griffes sorties.

Il y a vingt-cinq ans, Larry, jeune Texan, quitte l’école. Alors qu’il vit dans la rue, multiplie les petits boulots, les galères, il prend conscience de « l’inhumanité de l’homme ». L’Américain choisit alors d’« abandonner la race humaine » en se faisant tatouer le pelage d’un léopard sur l’ensemble du corps. La photographe Émilie Régnier a immortalisé Larry, l’homme-léopard, affalé sur son sofa, au Texas, un jour de 2015.

Le cliché fait partie de « Léopard », une série photographique entamée il y a quatre ans avec laquelle la photographe explore le caractère universel de cet imprimé animal. « Léopard » faisait l’objet d’une exposition, à l’hôtel Onomo de la capitale sénégalaise, en collaboration avec AKAA et l’établissement sénégalais, dans le cadre du off de la Biennale.

Madame Faye, Arielle Dombasle, Matadi Kibala…

Sur les murs qui entourent les jardins de l’établissement, Larry côtoie la Sénégalaise Madame Faye et son boubou, l’actrice franco-américaine Arielle Dombasle posant dans l’une des pièces du Musée de la chasse et de la nature, à Paris, ou encore le chef de tribu congolais Matadi Kibala, en costume de sapeur rouge vif, peau de félin jetée sur l’épaule.

« J’étais en résidence dans le quartier de Château-Rouge, à Paris, dans le cadre d’un projet au Polaroid, quand cette idée m’est venue, se souvient Émilie Régnier. Un jour, j’ai photographié une femme qui portait un boubou léopard. Peu de temps après, alors que je me promenais rue de Rivoli, j’ai remarqué qu’il y avait du léopard dans toutes les vitrines des grands magasins. »

J’avais en tête des images de référence comme Mobutu ou Chaka Zoulou en Afrique, mais j’ai fini par me rendre compte que le motif léopard traverse tous les continents

Il y a eu aussi cette soirée parisienne des plus chics où les femmes arboraient des tenues griffées aux taches reconnaissables. « Je me suis très vite questionnée, poursuit l’artiste. J’avais en tête des images de référence comme Mobutu ou Chaka Zoulou en Afrique, mais j’ai fini par me rendre compte que le motif léopard traverse tous les continents. »

Son premier portrait, Émilie Régnier le réalise à New York en décembre 2014. Son modèle est Anita, une femme qui chérit le motif au point d’en porter en permanence et d’en tapisser son appartement. Suivront des portraits au Sénégal, au Gabon, en Afrique du Sud, au Texas, en France ou en RD Congo pour une série de seize clichés qui devrait bientôt s’étoffer. « J’ai dans l’idée de me rendre à New York et de prendre d’autres photos en Afrique du Sud. » Ce dernier pays accueillera d’ailleurs une exposition de la série, à Durban.

Sensualité indomptée

Tendance lorsqu’il s’agit de se réapproprier un motif très présent en haute couture sur n’importe quel vêtement, parti pris social quand on se le tatoue sur le corps ou véritable peau obtenue en guise d’héritage tribal, l’imprimé revêt mille formes, qu’Émilie Régnier s’attache à immortaliser…

Porter du léopard est une expérience en soi, dans la mesure où il faut pouvoir l’assumer

« Que ce soit avec un tatouage, une fourrure, une robe ou une toque, chacun exprime sa personnalité à travers lui. Pour certaines femmes, c’est la sensualité, pour d’autres le fait de se sentir indomptable, pour d’autres encore c’est simplement le côté chic de l’imprimé qui prime. Porter du léopard est une expérience en soi, dans la mesure où il faut pouvoir l’assumer. »

Émilie Régnier

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