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Cet article est issu du dossier «Sénégal : neuf mois pour convaincre»

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Sénégal : Getran, un local au destin continental

L’immeuble Elbo, à Brazzaville, porte la signature de la Générale de travaux publics et de négoce (Getran). © Groupe Getran

Surtout présent à l’étranger, le constructeur s’est enfin hissé parmi les principaux opérateurs privés du pays, notamment à Diamniadio.

Fondée en 1998, la Générale de travaux publics et de négoce (Getran) est davantage connue sur le reste du continent que sur ses propres terres sénégalaises. Jusqu’à l’année dernière, elle réalisait plus de la moitié de son chiffre d’affaires à l’étranger, notamment en Côte d’Ivoire.

Getran, en duo avec la Snedai, de l’Ivoirien Adama Bictogo, y est actuellement en compétition sur de « très grands projets immobiliers », assure Mar Thiam, le patron fondateur de cette entreprise présente dans les secteurs de l’ingénierie, du BTP, des transports ou du négoce, et qui compte aujourd’hui parmi les principaux opérateurs privés du Sénégal.

Des réalisations emblématiques

La liste des réalisations de Getran sur le continent est impressionnante, notamment au Tchad et au Congo. « Mes deux pays de cœur », avoue ce panafricaniste revendiqué. À N’Djamena, sa société a bâti l’Arche du cinquantenaire, la faculté de médecine et l’Hôpital de la mère et de l’enfant. À Brazzaville, l’immeuble Elbo, « le plus beau de la capitale », selon le chef de l’État, Denis Sassou Nguesso, l’American International School et la LCB Bank portent sa signature.


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Des réalisations emblématiques sont également marquées de son empreinte au Cameroun (université de Dschang) et dans divers pays d’Afrique de l’Ouest (Gambie, Togo, Guinée-Bissau…). C’est d’ailleurs en Guinée-Bissau qu’il a réalisé sa première commande internationale : l’agence nationale de la BCEAO. Les équipes de Getran sont aussi cosmopolites que ses carnets de commandes, puisque les Sénégalais y côtoient des Gambiens, des Guinéens, des Ivoiriens et des Congolais, ainsi que des Turcs et des Italiens.

Montée en puissance

Des rencontres déterminantes expliquent le « tropisme africain » de Mar Thiam. En 1995, alors qu’il est conducteur de travaux au Consortium d’entreprises, un groupe de BTP sénégalais très actif en Afrique de l’Ouest, l’architecte Pierre Goudiaby Atepa, sénégalais lui aussi, lui propose de diriger Gamsen, une entreprise chargée de construire l’aéroport international de Banjul. Goudiaby lui ouvre alors son riche carnet d’adresses et, trois ans plus tard, Mar Thiam crée Getran.

Cette année, le Sénégal contribuera aux résultats du groupe pour 50% contre moins de 10% jusqu’en 2014.

En 1999, il remporte son premier chantier, avec la construction du siège de la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Sénégal (Bicis), filiale locale du français BNP-Paribas. Getran enchaîne ensuite les contrats et monte encore en puissance avec l’arrivée du président Wade aux affaires, en 2000.

Pourtant, jusqu’en 2014, le Sénégal représentait moins de 10 % du chiffre d’affaires du groupe, qui tente aujourd’hui de ­muscler sa présence sur le marché national. Il est ainsi devenu l’un des ­principaux acteurs de la réalisation du nouveau pôle urbain de Diamniadio, dont le train express régional, qui reliera Dakar à l’aéroport international Blaise-Diagne, et plusieurs complexes immobiliers.

Et avec un carnet de commandes évalué à une soixantaine de milliards de francs CFA, le groupe réalisera cette année 50 % de ses résultats au Sénégal. Pour répondre à la demande, Mar Thiam a mis en place la filiale Getran Industries, un groupement de sociétés capable d’intervenir tout au long de la chaîne de valeur de la filière. Le même schéma a été appliqué en Côte d’Ivoire, en direction des marchés burkinabè, malien et nigérien.

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