Transport maritime

Face à face : la bataille navale de Aboubaker Omar Hadi (DPFZA) et Sultan Ahmed Bin Sulayem (DP World) à Djibouti

Terminal à conteneurs de Doraleh (Djibouti) en 2013. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Rien ne va plus entre l’opérateur DP World et l’autorité portuaire de Djibouti. Déjà en conflit depuis plusieurs années, les deux camps sont à couteaux tirés depuis le 22 février, et la décision prise par les autorités djiboutiennes de résilier le contrat de concession accordé à l’opérateur dubaïote sur le terminal à conteneurs de Doraleh,

DP World  exploitait ce terminal depuis 2008 via la société Doraleh Container Terminal (DCT), détenue à 66 % par l’autorité portuaire de Djibouti et à 33 % par DP World.


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En plus de soupçonner les Dubaïotes d’avoir versé plusieurs millions de dollars de commission occulte à son prédécesseur, le président de l’autorité portuaire, Aboubaker Omar Hadi, accuse l’opérateur d’avoir freiné ses investissements sur Doraleh pour favoriser l’émergence de son hub de Jebel Ali, aux Émirats arabes unis.

Selon l’accord, Djibouti ne pouvait développer aucune infrastructure portuaire sur son territoire sans l’aval de DP World. Aboubaker Omar Hadi met en avant le « pouvoir souverain propre à chaque État » pour justifier cette nationalisation des quais, quand Sultan Ahmed Bin Sulayem, le PDG de DP World, qui a engagé une procédure à la Cour d’arbitrage de Londres, parle de « rupture illégale de contrat ».

Il sait que la lecture des Britanniques lui sera favorable. Aboubaker Omar Hadi également, ce qui expliquerait son dernier coup de force. Cela fait plus de trois ans qu’il essaie de renégocier les termes du contrat avec DP World, qui, non content de faire la sourde oreille, a signé en 2016 une convention de concession avec le futur port de Berbera, au Somaliland.

Il n’est pas question que DP World reste actionnaire du port » insiste Aboubaker Omar Hadi

Il avait déjà tenté une première fois de faire annuler le contrat devant les juges londoniens… qui l’avaient débouté en février 2017. « Il n’est pas question que DP World reste actionnaire du port », insiste Aboubaker Omar Hadi, qui se dit prêt à indemniser l’opérateur dubaïote, au moment où d’autres compagnies, comme CMA CGM ou Pacific International Lines (PIL), sont entrées dans la course pour le remplacer.

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