Algérie-France : où en est la promesse de restitution des crânes algériens ?

Par Jeune Afrique

Crânes algériens conservés au Muséum national d’histoire naturelle de Paris. © DR

Promise en décembre dernier par Emmanuel Macron à l'occasion de sa visite à Alger, la restitution des crânes algériens conservés au Muséum national d'histoire naturelle de Paris devra attendre encore pour être effective.

Fin décembre 2017, dans la foulée de la visite d’Emmanuel Macron sur son sol, l’Algérie a demandé par courrier – portant entête des ministères des Affaires étrangères et des Moudjahidines – à la France de lui restituer des crânes de résistants conservés au Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

Selon une de ses notes internes – que JA a pu consulter –, l’établissement a d’ailleurs été régulièrement sollicité à ce sujet par la société civile depuis une décennie.


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Combien de résistants ?

Mais parmi la quarantaine de crânes originaires d’Algérie, tous ne font pas partie de ces « martyrs » évoqués par la missive, à savoir des résistants à la conquête française de la fin du XIXe siècle.

Aujourd’hui, seuls six ou sept crânes sont identifiés comme tels. Et, par souci d’éthique, ils ne sont ni accessibles aux chercheurs ni présentés au public, assure le Muséum à Jeune Afrique.

En réalité, beaucoup sont vieux de plusieurs siècles. Certains appartiennent à des criminels de droit commun, d’autres à des auxiliaires ayant porté l’uniforme français. Les autorités algériennes voudront-elles récupérer des ossements de supplétifs de la colonisation ?

Quels obstacles ?

En attendant, le Muséum est depuis décembre en relation constante avec l’Élysée et les Affaires étrangères françaises et se tient prêt pour proposer des noms pour la constitution d’une commission franco-algérienne pour organiser la restitution. En effet, le président français Emmanuel Macron s’est dit « prêt » pour ce faire en décembre dernier.

Selon le Muséum, une expertise algérienne est toujours indispensable pour identifier un maximum de défunts. Quant au législateur français, il devra changer la loi afin de permettre le transfert légal des crânes de fonds français vers l’Algérie.

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