Banque de développement

Coopération : la BEI passe à la vitesse supérieure

Ambroise Fayolle est vice-président de la banque européenne d'investissement (BEI). © HAMILTON/REA

Acteur majeur du développement sur le continent, la Banque européenne d’investissement se rapproche des organisations bilatérales pour gagner en efficacité.

Peu connue en Afrique, la banque publique de l’Union européenne y est pourtant l’un des plus importants acteurs du développement, avec 2,2 milliards d’euros consacrés par an au continent, dont 54 % à l’Afrique du Nord. Au sud du Sahara, elle surclasse le français Proparco (509 millions d’euros en 2016) et ne cède que de peu face à l’allemand KfW Development Bank (1,3 milliard). « L’Afrique, où nous sommes présents depuis les années 1960, représente un tiers de notre activité à l’extérieur de l’Union européenne », explique Ambroise Fayolle, vice-président chargé de l’Afrique de l’Ouest et du Pacifique.

L’action de l’Europe en matière d’aide publique au développement est très défendable. Il faut le dire de manière plus forte et coordonnée

Ses interventions, qui ciblent les institutions financières pour financer le secteur privé, les grandes infrastructures, en ligne avec la lutte contre le changement climatique, et l’investissement d’impact, sont toutefois appelées à évoluer. « Nous réfléchissons à la création d’une filiale qui disposerait de plus d’autonomie juridique, afin de rassembler toutes nos actions dans le développement à l’international », poursuit l’ancien administrateur pour la France au FMI et à la Banque mondiale.

« L’action de l’Europe en matière d’aide publique au développement est très défendable. Il faut le dire de manière plus forte et coordonnée », recommande Rémy Rioux, directeur général de l’AFD. Au début du mois d’avril, une réunion a eu lieu avec les représentants de la Commission européenne et des institutions bilatérales des pays de l’UE. « Il s’agit de savoir concrètement de quoi ces dernières ont besoin de notre part pour mieux financer les projets et améliorer l’efficacité de l’aide au développement », détaille Ambroise Fayolle. Parmi les difficultés soulevées : le financement en monnaies locales et le partage des risques dans la conduite de projets.

Accord de Cotonou

« Nous sommes avant tout une banque de projets dans laquelle les ingénieurs jouent un rôle très important. En Afrique, nous n’agissons jamais seuls mais avec des partenaires tels que l’AFD et la KfW, mais aussi la BAD, l’IFC et la Banque islamique de développement », insiste l’ancien condisciple à l’ENA de Christophe Lecourtier, directeur général de Business France, l’agence de promotion internationale des entreprises hexagonales.

En Afrique, la BEI planche également sur deux changements majeurs. Des discussions ont démarré sur le futur des relations avec les pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), signataires avec Bruxelles de l’accord de coopération de Cotonou. Il expire en 2020, soit en même temps que la période de transition du Brexit.

« Il est trop tôt pour avoir une vue extrêmement claire sur ces évolutions. Mais, d’une part, le Royaume-Uni continuera d’être actif en Afrique et, d’autre part, des acteurs comme l’AFD et KfW vont bénéficier de moyens plus importants dans cette zone. Pour nous, en tout cas, l’Afrique continuera d’être une priorité dans les années à venir pour soutenir l’emploi des jeunes et le développement de l’activité économique, mais aussi comme marché pour nos entreprises », affirme Ambroise Fayolle.

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