Burkina Faso : Siatol veut devenir le roi du soja

Le soja présente de grandes opportunités d'affaires en Afrique © Roberto Candia/AP/SIPA

Forte du succès de son huile primée, cette petite société compte ouvrir son capital pour s'imposer dans les pays voisins.

Avant la fin de l’année, Marcel Ouédraogo, patron de la Société industrielle de l’agroalimentaire pour la transformation des oléagineux (Siatol), aura inauguré une nouvelle chaîne de raffinage d’huile de soja. Installée dans la zone industrielle de Kossodo, au nord-est de la capitale, pour un investissement de 100 millions de F CFA (plus de 150 000 euros), cette usine permettra de mieux maîtriser les circuits d’approvisionnement et de production de l’entreprise, pour laquelle travaillent près de 3 000 petits producteurs. « Nous serons plus autonomes, sur l’ensemble de la chaîne », assure Marcel Ouédraogo.

L’enjeu était d’organiser les agriculteurs

Avant de fonder Siatol en 2013, cet agroéconomiste de 42 ans, diplômé de l’Institut du développement rural de l’université de Ouagadougou en 2003, a rejoint, en 2004, le programme de structuration des microfilières agricoles, piloté par le Centre international de développement et de recherche (CIDR).

« Ce projet a permis d’apporter des solutions aux petits producteurs, ainsi que des financements pour que les entreprises puissent constituer leurs fonds propres. L’enjeu était d’organiser les agriculteurs pour ensuite les mettre en contact avec les entreprises en quête de ressources agricoles. Cela a permis de vulgariser l’utilisation du soja dans l’alimentation des volailles », précise-t-il.


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Plus chère

Promu coordinateur de ce programme en 2012, alors qu’il mène ses propres recherches sur la transformation du soja, Marcel Ouédraogo parvient, avec l’aide de l’universitaire Rigobert Yaméogo, à mettre au point une huile de qualité, qu’il baptise Trésor. Celle-ci lui a valu le prix du plan d’affaires innovant, organisé par la Maison de l’entreprise du Burkina Faso, et constitue aujourd’hui un produit de référence sur le marché des huiles.

© Infographie / JA

Dans sa ligne de mire : la demande ivoirienne, qui frôle chaque année 60 000 tonnes

Persuadé, au départ, que seule la classe moyenne pourrait s’offrir son Trésor, dont le bidon de 5 litres est vendu 5 500 F CFA (contre 4 250 F CFA en moyenne pour les autres marques), Marcel Ouédraogo a vite changé son fusil d’épaule face au succès populaire.


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Bien sûr, avec une production annuelle limitée à 3 000 tonnes, Siatol reste un acteur marginal sur un marché burkinabè estimé à 80 000 t d’huile consommées par an. Mais la société, qui a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 500 millions de F CFA, veut se donner les moyens de répondre à la demande. Elle estime avoir besoin de 600 millions de F CFA supplémentaires pour assurer son développement et se dit prête à ouvrir son capital à de nouveaux investisseurs. La société veut aussi s’implanter sur d’autres marchés.

« Nous cherchons à nous positionner dans le secteur des tourteaux de soja, destinés à l’alimentation des volailles », explique Marcel Ouédraogo. Dans sa ligne de mire : la demande ivoirienne, qui frôle chaque année 60 000 t, jusqu’ici alimentée largement par les producteurs sud-américains, ainsi que le Mali, le Niger et le Bénin, déjà approvisionnés, à l’occasion, par la société burkinabè.

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