Bourse : à Abidjan la BRVM lance un pôle de soutien aux PME

Par - à Abidjan

Les équipes de la Bourse régionale ont lancé leur initiative en décembre 2017. © Jacques Torregano pour ja

Avec son nouveau compartiment, la BRVM entend renforcer les capacités des entreprises avant leur arrivée sur les marchés boursiers.

La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) s’est engagée dans une véritable course contre la montre pour rendre assez vite opérationnel son nouveau compartiment consacré au financement des petites et moyennes entreprises (PME).

Mais l’initiative, lancée officiellement en décembre 2017, ne sera pas aisée à mettre en œuvre. La BRVM a d’ores et déjà élaboré un plan d’action pour éviter que ce compartiment ne soit contre-performant ou ne devienne une coquille vide. Des scénarios qu’ont vécus certaines Bourses africaines avec le lancement de dispositifs similaires.

Critères exigeants

La BRVM a donc établi une série de critères très exigeants : les entreprises doivent présenter un bilan excédentaire sur cinq ans et avoir distribué des bénéfices sur au moins trois exercices, disposer d’un capital minimum de 100 millions de francs CFA (152 000 euros) et être dotées d’un plan stratégique triennal.

 Nous voulons des entreprises qui disposent d’une vision stratégique, qui connaissent le marché financier et ses différents modes de financement

Une fois ces critères remplis, les PME devront céder au moins 10 % de leur capital, soit environ 500 000 titres, à l’occasion d’une offre publique de vente à la Bourse. Un niveau d’actions qui permettra d’assurer la liquidité sur le compartiment. « Nous voulons des entreprises qui disposent d’une vision stratégique, qui connaissent le marché financier et ses différents modes de financement », confie à Jeune Afrique Carole Stéphanie Ahoua, la directrice du développement de la BRVM.

Une dizaine d’entreprises jugées solides ont d’ores et déjà été répertoriées dans la zone de l’Uemoa. On compte ainsi Agetip et Imprimerie Tunde au Bénin ; Dafani Sa au Burkina ; Groupe Cofina, Hyperaccess Systems, Mata Holdings, Petro Ivoire Sa et PKl Sa, en Côte d’Ivoire ; Azalaï Hotels, au Mali ; et Sodigaz, au Togo.

Le programme Elite BRVM Lounge, dont font partie ces entreprises qui ont atteint un niveau de gouvernance et de croissance appréciable (leur chiffre d’affaires est évalué entre 1,5 et 88 milliards de F CFA), leur permettra de bien préparer leur arrivée à la cote. Développé en partenariat avec les Bourses de Casablanca et de Londres, ce programme contribuera au renforcement de leurs capacités et les reliera à tout un réseau mondial de PME.

Cependant, pour rendre plus flexible le nouveau compartiment, la BRVM permet à certaines PME d’accéder directement au programme Elite sans avoir à y adhérer. Edoh Kossi Amenounve, le directeur général de la BRVM, mise sur ce nouvel outil pour attirer les investisseurs et trouver des solutions durables aux besoins de ­financement.


En quête de nouveaux partenariats

La BRVM a repris cette année le chemin de son roadshow pour attirer plus d’investisseurs sur sa place financière. Ses équipes se sont ainsi arrêtées à Johannesburg, Londres et New York. En outre, elle envisage d’étendre ses partenariats en ciblant les investisseurs chinois, notamment ceux de la Bourse de Shanghai. Les États-Unis représentent 10 % des investisseurs, et l’Uemoa, 76 %.

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