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Cet article est issu du dossier «Burkina Faso : sur tous les fronts»

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Energies renouvelables

Burkina Faso : pleins feux sur l’énergie

Inauguration de la ferme solaire de Zagtouli, en novembre 2017. © Ludovic Marin/AFP

Pour améliorer la distribution d’électricité, Sonabel mise sur le solaire. À travers tout le territoire, la compagnie nationale multiplie les projets de centrales photovoltaïques.

La mise en service de la ferme solaire de Zagtouli, d’une capacité de 33 mégawatts (MW), confirme l’ambition de l’exécutif d’accélérer le passage vers l’énergie verte tout en diversifiant ses sources de production énergétique.

Cette centrale de 60 ha, équipée de 130 000 panneaux photovoltaïques, a coûté 47,5 millions d’euros, apportés par l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD), et pourrait produire à terme l’équivalent de 5 % des besoins énergétiques du pays, estimés à 270 MW, selon la Société nationale burkinabè d’électricité du Burkina (Sonabel). L’opérateur public finalise actuellement le lancement du second volet de ce projet, pour en porter la capacité à 50 MW.


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80% des Burkinabè privés d’électricité

Bien que la demande d’électricité progresse en moyenne de 13 % par an, 80 % des Burkinabè en sont toujours privés. Sonabel parie donc sur le solaire pour diversifier ses sources de production et améliorer la distribution. Elle a l’intention d’investir plus de 1 000 milliards de F CFA (1,5 milliard d’euros) dans des projets énergétiques d’ici à 2020, pour devenir un acteur majeur dans ce domaine. Au total, les projets publics en cours portent sur une capacité de 300 MW.

Parmi les plus avancés figurent un projet de 40 MW en banlieue de Ouagadougou, financé à hauteur de 87,5 millions de dollars par l’AFD et la BAD, et la centrale solaire de 20 MW qui sera érigée à Koudougou grâce aux fonds de la Banque mondiale. Sonabel entend également profiter du niveau de rayonnement solaire du Burkina – 5,5 kWh par mètre carré et par jour – pour installer plusieurs centrales photovoltaïques, sous forme de partenariat public-privé et pour une capacité totale de 260 MW.

La ligne d’interconnexion entre Bolgatanga, au Ghana, et Ouagadougou, dont les travaux ont démarré l’an dernier pour un montant de 31,5 milliards de F CFA, permettra par ailleurs d’importer 100 MW dans les mois qui viennent. Enfin, le plan de Sonabel prévoit aussi une centrale thermique d’une puissance de 150 MW à Ouaga Est.


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Nouvelle loi

Pour inciter le secteur privé à passer au solaire, une nouvelle loi régissant le secteur de l’énergie a été promulguée en avril 2017. Elle confère à Sonabel la gestion du service public de l’électricité et promeut l’activité des producteurs indépendants.

C’est dans cette logique que la société minière canadienne Iamgold, qui exploite le site aurifère d’Essakane, situé à 330 km au nord-est de la capitale, a mis en service, début mars, une centrale solaire de 15 MW, pour un investissement de 20 millions de dollars. Mais le projet le plus emblématique reste celui de la centrale solaire de Zina (20 MW), portée par Windiga Energie Burkina.

Estimé à 38 millions d’euros, il est le premier partenariat public-privé d’une telle envergure dans le secteur des énergies renouvelables au Burkina. En effet, Sonabel et le canadien Windiga avaient conclu en octobre 2014 un accord d’achat d’électricité (renouvelé et amendé en juin dernier) conférant à la compagnie nationale le statut d’acheteur unique de l’électricité produite à Zina.

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