Burkina – Tahirou Barry : « J’ai préféré rester fidèle à mes engagements plutôt qu’à un chef d’État »

Le troisième homme de la présidentielle ne sera resté que neuf mois à la tête du ministère de la Culture. © Olympia de Maismont pour JA

Il est arrivé en troisième position lors de la présidentielle de 2015. Après avoir rejoint le gouvernement, il en a claqué la porte en octobre dernier. Entretien avec Tahirou Barry, le patron du Paren.

Opposant de la dernière heure ou électron libre ? Troisième homme lors de la présidentielle de 2015 (3,09 % des voix) devenu ministre de la Culture en janvier 2016, l’ex-dauphin de l’inclassable Laurent Bado au Parti pour la renaissance nationale (Paren) incarne la première fissure au sein de la majorité.

En octobre, Tahirou Barry, 42 ans, a démissionné du gouvernement et, également exclu d’un Paren resté dans la majorité, s’est rapproché de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition, qui avait obtenu 29,65 % à la présidentielle. Pourra-t-il exister aux côtés de cette formation et devenir le poil à gratter d’une mouvance présidentielle qu’il a connue de l’intérieur ? Entretien.

Jeune Afrique : Pourquoi avoir rallié le gouvernement de Paul Kaba Thiéba début 2016 pour finalement le quitter dès octobre 2017 ?

Tahirou Barry : Mon parti avait rejoint la mouvance présidentielle sur la base d’un protocole d’accord fondé sur la défense des valeurs de l’insurrection populaire d’octobre 2014. Mais le bilan à mi-parcours n’est qu’échec et trahison des idéaux. Je devais choisir entre la fidélité à mes engagements ou à un chef d’État et à son parti. J’ai opté pour la première et j’entends poursuivre mon engagement auprès de ceux qui rêvent d’un Burkina plus grand et plus digne.

C’est un grand combat parlementaire qui s’annonce, et j’entends y participer activement

Roch Marc Christian Kaboré vous a-t-il proposé le poste de Premier ministre, comme semblait le suggérer votre déclaration du 22 janvier 2018 sur les réseaux sociaux ?

Non. Juste avant la constitution du nouveau gouvernement, j’ai publié ce texte qui exprimait ma vision du changement, pour sortir mon pays de l’ornière, et celui-ci prenait la forme d’un rêve où le président m’aurait sollicité pour le poste de Premier ministre. C’était une forme de lettre ouverte pour partager mon rêve d’un Burkina tourné vers le progrès.

Pourquoi risquer de « noyer » votre image au sein de l’UPC plutôt que de marquer une différence médiatiquement plus visible au Paren, votre parti d’origine ?

Ce qui importe, c’est de contribuer au changement dans mon pays, en tant que parlementaire. Et je ne peux le faire qu’à l’intérieur d’un groupe parlementaire crédible et constant dans son engagement pour le salut du peuple, comme celui de l’UPC. Avec lui, c’est un grand combat parlementaire qui s’annonce, et j’entends y participer activement.

Alors que vous êtes proche d’un parti que vous n’avez pas formellement intégré, vous paraît-il envisageable d’être à nouveau candidat à la présidentielle en 2020 ?

La course à la présidentielle n’est pas une chevauchée solitaire. C’est le résultat d’une grande convergence d’actions, et nous avons engagé la réflexion avec plusieurs camarades de lutte. En temps opportun, nous nous déterminerons de façon très claire.

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