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Cet article est issu du dossier «Finance : l'heure de l'expansion»

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Monétique : HPS cherche à mieux profiter du potentiel africain

La solution de paiement mobile de Visa, ici lors du Mobile World Congress à Barcelone le 4 mars 2015. © Manu Fernandez/AP/SIPA

Très développée à l’international, l’entreprise marocaine HPS spécialisée dans les services informatiques bancaires se heurte à la sous-bancarisation sur le continent.

Fondée en 1995 par un noyau d’ingénieurs en informatique, la start-up HPS (560 millions de dirhams de chiffre d’affaires en 2017, soit 50 millions d’euros), spécialisée dans les services informatiques bancaires, est devenue en deux décennies leader sur son segment. « Nos revenus sont générés quasi exclusivement par les licences de nos solutions de paiement, et nos prestations de services conçues par plus de 450 ingénieurs et experts », précise Mohamed Horani, président et cofondateur du groupe.

Les solutions fournies par HPS sont utilisées dans 85 pays par plus de 350 institutions, dont de grandes banques, démarchées par ses filiales à Casablanca, Dubaï, Paris, Aix-en-Provence, Londres, Omaha et Singapour.

Potentiel africain

En Afrique, HPS est présent sur 39 marchés, en Libye, au Ghana ou encore dans les pays de l’Uemoa. L’entreprise marocaine a aussi, en 2015, fait son entrée en Afrique du Sud, à travers un contrat signé avec la First National Bank (FNB), l’un des plus grands établissements du pays.

Une activité continentale qui a représenté l’an dernier 34 % de son chiffre d’affaires global. « Ce qui est faible comparé au potentiel que représente l’Afrique », estime un analyste financier casablancais. Et le management de HPS semble conscient des efforts qu’il reste à déployer pour poursuivre la conquête du continent.

Malgré la quasi-saturation de certains marchés, les services financiers mobiles ont largement la possibilité de se développer en Afrique

Sauf que la sous-bancarisation des pays africains représente un handicap très important. « L’entreprise peut accompagner ce chantier de bancarisation grâce à l’expérience acquise dans des régions mieux structurées », observe l’analyste. Le continent a vu naître le mobile money, qui couvre 80 % du continent, avec plus de 280 millions d’utilisateurs.

La Fondation Bill et Melinda Gates prévoit que plus de 2 milliards de personnes des régions sous-bancarisées utiliseront quotidiennement les paiements mobiles d’ici à 2030, et 40 % seront africains. « Malgré la quasi-saturation de certains marchés, les services financiers mobiles ont largement la possibilité de se développer en Afrique », analyse Mohamed Horani, dont l’entreprise est déjà active sur ce segment. Pour les observateurs, le défi pour ces pays face à ce succès est d’assurer l’interopérabilité.

Un coup d’avance

Pour anticiper les évolutions de l’industrie, « plus de 12 % des revenus annuels sont consacrés à la recherche et au développement », explique Horani, qui a présidé le patronat marocain entre 2009 et 2012. Des engagements qui permettent au groupe d’avoir une avance sur les habitudes de consommation et qui rassurent les investisseurs.

C’est certainement pour cela que HPS a tapé dans l’œil de Morgan Stanley. En mai 2017, la banque américaine a déboursé 15,5 millions de dirhams pour en prendre 5,71 % du capital.


Une croissance au service de l’investissement

HPS est l’une des rares entreprises marocaines à enregistrer des taux de croissance à deux chiffres depuis quelques années. « En moyenne, le chiffre d’affaires progresse de 20 % par an depuis 2012, et cette dynamique devrait se poursuivre », prévoit un analyste. C’est cette accélération qui permet à HPS de prévoir des investissements colossaux.

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