Burkina Faso : La Nafa de Djibrill Bassolé s’y voit déjà

Manifestation de soutien à l’ex-ministre des Affaires étrangères à Reo, près de Koudougou, en 2016. © AHMED OUOBA/AFP

Trois ans après sa création, le parti rêve de s’imposer dans les urnes. Mais il doit pour l’instant compter sans son fondateur, Djibrill Bassolé, poursuivi pour trahison.

Au sein de la Nouvelle Alliance du Faso (Nafa), la candidature éventuelle de Djibrill Bassolé à la présidentielle de 2020 est dans tous les esprits. Alors qu’il est poursuivi pour « trahison et collusion avec une force étrangère » dans le cadre de l’enquête judiciaire sur le coup d’État manqué de septembre 2015, sa libération reste pourtant des plus hypothétiques. « Notre souhait est que justice soit rendue afin que Bassolé puisse jouir à nouveau de ses droits civiques pour accepter d’être notre candidat », martèle le président de la Nafa, Mahamadou Dicko.

Pour le politologue Abdoul Karim Saidou, le parti ferait pourtant mieux de réfléchir à un plan B. « Le sort du parti est intimement lié à celui de son mentor. Or il n’est pas évident que ce dernier puisse se présenter, au regard de la lenteur actuelle du procès. L’avenir du parti, dont l’assise politique sur le terrain reste marginale, va entièrement dépendre de l’issue du jugement », estime encore l’enseignant en droit à l’université de Ouagadougou. Réponse à partir du 9 mai prochain, date de la reprise du procès.

L’avenir du mouvement dépendra de l’issue du procès de son leader qui reprend début mai.

Bien que l’avenir politique de Djibrill Bassolé reste des plus incertains, il semble encore susciter des espoirs auprès d’une partie de l’électorat. « Il peut bénéficier des difficultés rencontrées par la majorité, sur la question sécuritaire notamment, décrypte de son côté Siaka Coulibaly, juriste et analyste politique. Beaucoup de Burkinabè établissent un lien entre la période de stabilité qui prévalait lorsque Djibrill Bassolé était ministre des Affaires étrangères et la spirale d’insécurité qui a suivi son départ. »


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La quatrième force politique du pays

Rien n’indique cependant que l’aura médiatique, supposée ou réelle, du général de gendarmerie va se traduire en vote pour son parti. « Certains indécis pourraient considérer la Nafa comme une véritable option. Ce qui n’était pas le cas à sa création en 2015 », veut croire Siaka Coulibaly.

Annoncée aujourd’hui comme la quatrième force politique du pays, derrière le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) – au pouvoir –, l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré et le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), dirigé depuis fin février par Eddie Komboïgo, la Nafa avance ses pions, en poursuivant son implantation dans les différentes régions.

« Nous avons développé une nouvelle stratégie pour recouvrer les cotisations des militants et ainsi permettre au parti de fonctionner correctement. Notre force réside dans notre organisation », détaille le président Dicko, qui revendique l’arrivée récente dans ses rangs de nombreux jeunes intellectuels. Depuis le congrès de janvier – premier du genre pour le parti –, ils représenteraient jusqu’à 70 % des membres exécutifs de la Nafa. « Le parti séduit car il est actif, confirme Abdoul Karim Saidou. Mais il dépasse encore rarement le stade des discours. »

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