Face-à-face – Nadia Fassi Fehri et Abdeslam Ahizoune : du fil à retordre entre Inwi et Maroc Télécom

Par - à Csablanca

Une commerçante téléphone, à Rabat- Juin 2014. © Adel Hana/AP/SIPA

Au Maroc, le duel de l’année se fera devant le tribunal de commerce de Rabat. Inwi, le troisième opérateur téléphonique du pays, a déposé une plainte contre son rival le géant Maroc Telecom (IAM) pour concurrence déloyale.

La filiale du holding royal, Al Mada, anciennement SNI, réclame 5 milliards de dirhams (440 millions d’euros) pour dommages et intérêts au leader du secteur.

À l’origine de cette discorde, le partage des infrastructures (dégroupage) que l’opérateur historique, filiale de l’émirati Etisalat, n’a jamais permis (dans des conditions jugées satisfaisantes), contraignant le développement de ses concurrents Inwi et Orange sur le créneau de l’internet fixe (ADSL). Maroc Telecom détenait, à la fin de 2017, 99,9 % de ce marché. Le dégroupage permet à un opérateur tiers d’accéder aux lignes téléphoniques en contrepartie d’un loyer.

Échéance au 2 mai

Le gendarme des télécoms (ANRT) a pourtant adressé des avertissements à Maroc Telecom, notamment en octobre 2016. Quelques semaines plus tard, son patron avait d’ailleurs été débarqué sans explication. Depuis 2007, donner l’accès à son réseau est pourtant devenu une obligation réglementaire pour l’opérateur historique détenteur de la boucle locale (partie du réseau qui dessert les habitations des abonnés).

Nadia Fassi Fehri, nommée PDG d’Inwi en 2015, a exprimé plusieurs fois son courroux sur ce dossier. Cette polytechnicienne, passée par d’autres filiales d’Al Mada, a qualifié les pratiques de son concurrent de « discriminatoires et anticoncurrentielles ». De son côté, le président de Maroc Telecom, Abdeslam Ahizoune, ancien ministre et architecte de la libéralisation du secteur, s’astreint à une ascèse médiatique depuis deux ans. Mais, avant cette éclipse, le patron ne semblait pas être totalement opposé à un partage de l’infrastructure. Ce qu’il a régulièrement contesté, ce sont les tarifs que l’ANRT voulait lui imposer. Ouvert le 2 avril, le procès a été reporté au 23 avril à la demande de l’avocat de Maroc Telecom. Une nouvelle audience est prévue le 2 mai.

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