Les livres de Chimamanda Ngozi Adichie habillés de wax

Narrative Landscape Press imprime ses textes en Inde. © eghosa imesuan

Une maison d’édition nigériane s’inspire des imprimés de Vlisco, géant hollandais du wax, pour le design des œuvres de Chimamanda Ngozi Adichie.

En octobre 2017, Narrative Landscape Press a obtenu les droits d’impression et de distribution – au Nigeria et dans toute l’Afrique de l’Ouest – des écrits de Chimamanda Ngozi Adichie. Et ce en lieu et place de Kachifo Limited, l’ancien distributeur des ouvrages de la romancière dans la région. Pour marquer le coup, l’éditrice Anwuli Ojogwu et l’écrivain Eghosa Imasuen, cofondateurs de la maison d’édition nigériane lancée mi-2016 à Lagos, ont choisi les imprimés wax du géant hollandais Vlisco pour habiller chacun des ouvrages.

« Chimamanda Ngozi Adichie est une romancière très attachée aux imprimés africains. Ses précédents éditeurs faisaient appel à des aquarellistes pour reproduire, sur les couvertures, des motifs d’inspiration wax, explique Eghosa Imasuen. Il nous fallait quelque chose de spécial pour donner envie à nos potentiels clients de racheter des livres très populaires au Nigeria, tout le monde ou presque possédant au moins l’une de ses œuvres. »

Inspiration Vlisco

Gracieusement, l’entreprise hollandaise a donné l’autorisation au duo de choisir et de reproduire certains de ses imprimés. En contrepartie, le logo de la marque apparaît sur la page mentionnant les droits d’auteur, mais aussi sur la quatrième de couverture. Les trois romans de Chimamanda Ngozi Adichie (L’Hibiscus pourpre, L’Autre Moitié du soleil, Americanah), son recueil de nouvelles Autour de ton cou mais aussi ses essais, Chère Ijeawele et Nous sommes tous des féministes, ont chacun été imprimés en Inde, à hauteur de 5 000 exemplaires.

« Les livres seront disponibles à compter du 20 mai 2018 dans les différentes librairies du pays et coûteront entre 3 et 6 dollars », affirme Eghosa Imasuen, qui se refuse néanmoins à révéler le montant global de l’opération.

Les motifs des tissus africains en vogue

Si la couleur latérite, la représentation d’un masque africain, d’un baobab ou d’un coucher de soleil au-dessus de la savane ont longtemps été la norme pour les couvertures de romans de littérature africaine, il semble que le vent ait tourné. Déjà en 2001, la couverture de la réédition d’Une si longue lettre, de Mariama Bâ, dans la collection « Motifs » des Éditions du Rocher, empruntait ses dessins au bogolan malien.

Désormais, les motifs des tissus africains sont fréquemment privilégiés. C’est le cas au Nigeria avec la maison d’édition Ankara Press, spécialisée dans les romans sentimentaux. En France, on peut noter cette même tendance chez certains éditeurs. Comme Le Serpent à Plumes, avec des imprimés qui rappellent le pagne en wax : de L’Empire du mensonge, dernier roman de la Sénégalaise Aminata Sow Fall, à Si loin de ma vie, de la Burkinabè Monique Ilboudo, à paraître en mai prochain.

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