Télécoms

Internet : Vivendi monte en puissance à Libreville

Deux mois après son lancement, le groupe affichait déjà 40,73 % de parts de marché, pour un chiffre d’affaires mensuel de 49,8 millions de F CFA. © yvan gabon pictures

Six mois après le lancement de son offre fibre dans la capitale, GVA Gabon, filiale de la multinationale, taille des croupières à l’opérateur historique malgré des prix élevés.

La mention « jeveuxmafibre.ga » barre les flancs du véhicule qui sillonne les rues de Libreville pour des prospections. L’équipe à bord vante les vertus de Canalbox, l’offre internet très haut débit 100 % fibre promue depuis octobre 2017 par Group Vivendi Africa (GVA) Gabon, une filiale du groupe Vivendi.

Pour en arriver là, il a fallu conclure des accords, notamment avec la Société de l’eau et de l’électricité du Gabon (SEEG, ancienne filiale de Veolia) pour utiliser ses pylônes électriques afin d’y accrocher un réseau en fibre optique. Ce qui était loin d’être gagné. Un accord décisif est entériné en août 2017, qui a permis le lancement commercial deux mois plus tard. « Nous avons été confrontés à du lobbying négatif et y avons vu une manœuvre de la concurrence », relève Mamadou Mbengue, directeur général de GVA Gabon.

40,73 % de parts de marché

Entamé dans le nord de Libreville grâce à la capacité apportée par le câble sous-marin ACE géré par un consortium ayant Orange pour chef de file, le déploiement de Canalbox s’étend progressivement dans la capitale. « Nous sommes en conformité avec nos objectifs en matière de raccordements », révèle Benjamin Delage, directeur projet chez GVA Gabon qui se garde toutefois de divulguer ses chiffres pour ne pas éveiller l’attention de la concurrence.

Deux mois après son lancement, GVA Gabon affichait déjà 40,73 % de parts de marché, pour un chiffre d’affaires mensuel de 49,8 millions de F CFA (76 000 euros), derrière son unique concurrent, Gabon Telecom (59,27 %), sur le marché de l’internet résidentiel via la fibre optique. La filiale du groupe français se maintient également à la deuxième place (17,45 % de parts de marché) sur le segment résidentiel incluant aussi le mobile et les MNVO (opérateurs de réseau mobile virtuel).

En comparaison avec les autres opérateurs, c’est le jour et la nuit, témoigne une résidente du quartier d’Okala

L’un de ses atouts est de pouvoir compter sur le réseau de distribution de Canal+, l’autre filiale du groupe Bolloré, pour commercialiser son service et assurer un service de qualité à la clientèle. « En comparaison avec les autres opérateurs, c’est le jour et la nuit. Je réussis à envoyer des vidéos en France dans le cadre de mon activité, tandis que les enfants regardent en même temps la télé », témoigne une résidente du quartier d’Okala.

Face à Canalbox, Gabon Telecom n’a pas pour autant rendu les armes. Le jour du lancement officiel de l’offre de la filiale de Vivendi, son rival a baissé son prix pour s’aligner sur le tarif proposé par le nouvel entrant en proposant un abonnement à 45 000 F CFA pour un débit de 50 mégabits. La filiale de Maroc Telecom avait déjà consenti à un effort de réduction de ses prix sur l’ADSL, l’autre technologie qu’elle met à la disposition de sa clientèle. Si les Gabonais pouvaient s’attendre à une guerre des prix, il n’en est cependant rien. Six mois ont passé et les tarifs n’ont pas bougé.

Des offres similaires à Lomé

Le déploiement amorcé à Libreville concrétise le projet du groupe Bolloré d’apporter de l’internet à très haut débit dans les foyers africains. Le 22 mars, GVA a lancé des offres similaires dans la capitale togolaise, dont l’une destinée aux particuliers au prix de 30 000 F CFA par mois (après l’acquisition d’une box à 45 000 F CFA). À cette occasion, Marco de Assis, le directeur général de GVA, a confirmé vouloir étendre ce service à quinze pays.

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