Politique

RDC-France : Lumumba et Anzuluni écrivent à Macron pour dénoncer la « tiédeur surprenante » de Paris

Jean-Jacques Lumumba Luviya (Congo - RDC), neveu de Patrice Lumumba, ancien cadre la BGFI, lanceur d'alerte. En région parisienne le 20 décembre 2016 © Vincent Fournier/Jeune Afrique

« Liberté, égalité, ambiguïté ? » C'est le titre de la missive adressée par les deux activistes congolais au président français. Il y dénoncent notamment la poursuite de la coopération militaire entre les deux pays.

Le 22 mars, le lanceur d’alerte congolais Jean-Jacques Lumumba, réfugié en France, et son compatriote Floribert Anzuluni, du mouvement citoyen Filimbi, ont envoyé une lettre à Emmanuel Macron, le président français, intitulée « Liberté, égalité, ambiguïté ? ». Ils s’y indignent de la « tiédeur surprenante » des réactions de Paris face au « coup d’État constitutionnel dont est victime toute une nation » et dénoncent « la poursuite de la coopération militaire et sécuritaire » avec Kinshasa.


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« Il n’est pas trop tard »

Dans cette lettre au vitriol, les deux activistes s’interrogent sur les raisons qui sous-tendent ce positionnement de la France. « Intérêts industriels ? Pétrole du Lac Albert à travers la récente prolongation de la licence d’exploration de la multinationale Total ? Contrats Juteux ? Serait-ce, comme semblent le soutenir certains analystes, l’écœurante raison de votre position mollasse, matérialisée notamment par la poursuite de la coopération militaire et sécuritaire avec un régime sanguinaire, face à la situation tragique de la République démocratique du Congo ? »

« Nous refusons de croire que les valeurs qui fondent la France et qui l’ont située aux côtés du peuple congolais opprimé, dès le début de cette lutte pacifique pour l’alternance politique, soient réduites au silence, pire encore à une tiédeur ambigüe, indigne du pays d’Aimé Césaire », continue le courrier, qui enjoint Emmanuel Macron a faire évoluer la position française vis-à-vis de Joseph Kabila. « Il n’est pas trop tard », écrivent-ils.

Quelle coopération militaire et sécuritaire ?

En avril dernier, cependant, alors que la RDC et la Belgique rompaient leur coopération militaire, le ministre congolais de la Défense affirmait à Jeune Afrique que la coopération militaire avec la France, qu’il qualifiait de « très étroite », était maintenue. Une coopération qui porte notamment sur l’équipement d’instituts de formation et de forces navales.

Lors d’un point presse au Quai d’Orsay, le 28 février, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères avait expliqué que « la coopération de sécurité et de défense conduite par la France en RDC a connu une diminution ces dernières années et a été adaptée au regard de l’évolution de la situation intérieure ». Cette coopération a été « réorientée vers l’aide à la formation des cadres de l’armée congolaise, en dehors de toute activité opérationnelle » et « aucun coopérant français n’intervient dans des activités liées, de près ou de loin, au maintien de l’ordre », affirme encore Paris.

Le Quai d’Orsay a assuré, lors du même point presse, que « la France n’a pas autorisé depuis novembre 2016 d’exportation de matériel de guerre, létal ou non létal, à destination de la RDC. »

 

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