Boucle ferroviaire : comment Talon a négocié le retrait de Dossou

Par Jeune Afrique

Le président béninois (à g.) et Mahamadou Issoufou, à Niamey, en juillet 2016. © DR

Le président béninois Patrice Talon a obtenu de son homologue nigérien Mahamadou Issoufou le retrait du groupe Petrolin, dirigé par Samuel Dossou, du projet ferroviaire Cotonou-Parakou-Dosso-Niamey, qui ira à l'entreprise chinoise CRCC.

Au terme de plusieurs mois d’âpres négociations, Patrice Talon, le chef de l’État béninois, a réussi à rallier à sa cause Mahamadou Issoufou, son homologue nigérien, à propos du projet de réhabilitation et d’extension du corridor ferroviaire Cotonou-Parakou-Dosso-Niamey.

Ce sera finalement China Railway Construction Corporation (CRCC), déjà actif sur le projet de TGV au Nigeria, qui réhabilitera la liaison Cotonou-Parakou (438 km) via la construction de voies ferrées sur l’axe reliant Parakou (nord du Bénin) à Niamey. Ce projet était à l’arrêt depuis 2013, date à laquelle le Niger et le Bénin ont créé ensemble Bénirail (ex-OCBN, Organisation commune Bénin-Niger).

Le choix de CRCC a été avancé par Talon afin de sortir de l’impasse. Issoufou se montrait en effet inflexible vis-à-vis du groupe Petrolin, dirigé par Samuel Dossou, et lui préférait Bolloré Africa Logistics. Mais, en septembre 2017, la filiale du groupe français Bolloré avait perdu en dernier ressort sa bataille judiciaire contre Petrolin.

Selon nos sources, les deux chefs d’État se sont rencontrés une première fois en octobre 2016, en présence des membres de leurs cabinets, avant de poursuivre leurs discussions par téléphone. Le 28 janvier dernier, en marge du 30e sommet de l’UA à Addis-Abeba, ils se sont à nouveau discrètement entretenus, cette fois en présence de Samuel Dossou, à qui ils ont notifié leur décision de lui retirer ce projet de boucle ferroviaire.

En retour, Talon a confirmé à ce dernier qu’il construirait le port en eau profonde de Sèmè-Podji (localité située entre Cotonou et Porto-Novo) et que tous les investissements qu’il avait consentis dans la boucle ferroviaire lui seraient remboursés, ainsi qu’à Bolloré. Le fondateur de Petrolin a ensuite donné son accord de principe aux deux présidents pour se retirer du projet ferroviaire.

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