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Cet article est issu du dossier «« Black Panther » : pourquoi l'Afrique en est-elle si fière ?»

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Musique

BO de « Black Panther » : un carton plein…. et peut-être un plagiat

L'artiste Lina Iris Viktor posant devant son tableau, en 2016 à New York., a intenté une action en justice pour plagiat. © Eugene Gologursky/Getty Images for Paolo Zampolli/AFP

Si la bande originale du film « Black Panther », réalisée par Kendrick Lamar et SZA, remporte un franc succès, certaines images du clip du single « All the Stars » intègre des œuvres de la peintre Lina Iris Viktor sans son accord. L'artiste a donc porté plainte pour plagiat.

La bande originale de Black Panther avait tout pour plaire. D’abord, aux commandes, un duo inédit. Le compositeur suédois Ludwig Göransson, un habitué des musiques de blockbuster parti au Sénégal et en Afrique du Sud pour s’inspirer de talents locaux, comme Baaba Maal. Et surtout Kendrick Lamar, le rappeur le plus populaire du moment (Damn est le disque hip-hop qui s’est le mieux vendu l’an dernier) et peut-être le plus influent.

Sur l’album tiré du film, on retrouve à ses côtés la crème du rap et du R’n’B américains : SZA, The Weeknd, Future, Travis Scott, Swae Lee (du tandem Rae Sremmurd), 2 Chainz… En tout 14 titres (dont trois seulement peuvent être entendus durant le film).

Action en justice de Lina Iris Viktor

Sans surprise, l’album a fait un carton. Dès la première semaine, il s’est classé numéro un des ventes aux États-Unis avec 154 000 unités vendues. Un mois après le lancement du film, il était toujours, selon le Billboard 200, la locomotive des charts US.

Il y a pourtant une ombre bien gênante au tableau. Lina Iris Viktor, une artiste peintre britanno-libérienne, affirme avoir été plagiée dans le clip « All the Stars », le single de la BO (plus de 75 millions de vues sur YouTube), dans lequel plusieurs de ses œuvres auraient été reproduites sans son accord. Elle a donc intenté une action en justice visant, entre autres, Kendrick Lamar, SZA et Universal Music Group.

Il faut admettre que la comparaison entre deux séquences de la vidéo (pendant une trentaine de secondes) et les tableaux de Viktor laisse peu de place au doute quant à un éventuel emprunt. L’affaire est d’autant plus troublante que la peintre avait été contactée par les producteurs de Black Panther, qui souhaitaient utiliser son travail, et qu’elle avait décliné leur proposition. Si le style général a bien été copié, la Cour fédérale de New York devra encore s’assurer que certains éléments précis, sous copyright, ont été repris pour que les requêtes de l’artiste puissent être entendues. Lina Iris Viktor réclame des dommages-intérêts, et souhaite faire interdire la diffusion du clip et l’utilisation de son travail pour la promotion du film.

Quel que soit le verdict, l’affaire crée une contre-publicité dont les producteurs se seraient assurément bien passés. Difficile en effet d’exalter les femmes fortes d’Afrique quand on piétine les droits d’auteur d’une artiste d’origine africaine.

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