Tunisie : la Cité de la culture, un temple pour les arts et pour tous

L'entrée de la « tour de la culture » depuis l'arrière du complexe © Nicolas Fauqué/www.imagesdetunisie.com

Après des travaux qui ont défiguré pendant douze ans l’avenue Mohammed-V, l’une des principales artères de Tunis, la Cité de la culture est inaugurée le 21 mars.

De la place du 14-Janvier-2011 à l’université centrale, avec son Palais des congrès, ses sièges de grands groupes financiers, ses hôtels haut de gamme, ses squares et ses palmiers, l’avenue Mohammed-V est l’une des principales artères du centre-ville et le symbole du Tunis moderne.

Depuis le milieu des années 2000, elle était pourtant défigurée par un énorme chantier : celui de la Cité de la culture, en construction sur le site de l’ancienne Foire internationale. Ce gigantesque complexe est enfin achevé. Il sera inauguré le 21 mars ­­– lendemain de la fête de l’Indépendance – par un grand concert du tout nouvel Orchestre de l’Opéra de Tunis, créé l’an dernier et dirigé par Rachid Koubaa.

Imaginé dans les années 1990 et engagé en 2006, le projet commandé par l’ancien président Ben Ali avait été mal évalué financièrement et était loin d’être terminé à la révolution. Repris en main par les ­nouvelles autorités, le chantier a été relancé en 2016, son budget total atteignant finalement 125 millions de dinars (42 millions d’euros), au lieu des 76 millions de dinars prévus à sa conception.


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Un coût et des dimensions que certains continuent de juger démesurés, même si la majorité des Tunisiens reconnaissent qu’il fallait bien terminer ce projet, lequel rejoint par ailleurs la décision du président Béji Caïd Essebsi d’« en finir avec le désert culturel ».

Conçue par les architectes Riadh Bahri, Mohamed Salah Zlaoui et Foued El Euch avec l’objectif de répondre aux besoins d’une métropole du XXIe siècle en symbolisant la culture tunisienne, la Cité fait déjà partie des repères urbains de la capitale.

Un véritable complexe

Elle se distingue par sa tour de 60 mètres de haut, surmontée d’une sphère vitrée panoramique, et par son entrée monumentale, donnant sur un immense atrium : une profusion de marbre, de verre et de colonnes hafsides alternant avec la douceur plus intimiste des arcs en plein cintre et des moucharabiehs.

Nous avons attendu plus de quarante ans que la culture ait enfin un espace dans la capitale. C’était essentiel de mener à bien ce projet

Sur une superficie de 8,6 hectares jardins compris, le complexe se compose de deux pôles. Le premier, en libre accès, comprend des lieux de promenade, des points multimédias et des espaces commerciaux, avec boutiques et restaurants. Le deuxième pôle rassemble les parties à accès payant : les salles de spectacles (un opéra, un auditorium et un théâtre), la Cinémathèque tunisienne, le Centre national du livre, une médiathèque et des studios de production, des halls d’expositions, ainsi qu’un musée d’art contemporain et un musée national des civilisations.

« Nous avons attendu plus de quarante ans que la culture ait enfin un espace dans la capitale. C’était essentiel de mener à bien ce projet, estime le producteur Habib Belhedi. Reste à savoir comment la Cité va fonctionner, avec quels opérateurs, quels budgets, quels programmes et quelle ouverture sur la création artistique nationale et internationale. Ces choix seront évidemment décisifs. »

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