Société

Dix choses à savoir sur Bochra Belhaj Hmida, figure du féminisme tunisien

Bochra Belhaj Hmida, en mars 2011 dans les locaux de la Commission d'investigation sur les violations des droits de l'homme et les abus commis pendant l'ère Ben Ali © Ons Abid pour Jeune Afrique

Égalité, citoyenneté, transmissions successorales… Cette figure du féminisme tunisien dirige une commission chargée d’émettre des propositions dans ces domaines sensibles.

• 1. Déterminée

Elle préside la Commission des libertés individuelles et de l’égalité, rattachée à la présidence de la République, qui ne remettra son rapport qu’après les municipales de mai, afin d’éviter les tensions partisanes.

Quand on lui fait remarquer que le combat des Tunisiennes pour l’égalité en matière d’héritage n’est pas gagné d’avance, elle rétorque que « François Mitterrand a bien aboli la peine de mort contre l’avis de la majorité des Français ».

• 2. Facétieuse

Cette native de Zaghouan (Nord-Est) s’est taillé une réputation de farceuse durant ses années de collège. En prenant l’air le plus sérieux du monde, elle faisait croire à ses camarades que des sorties étaient prévues au grand étonnement de la surveillante générale, qui voyait des classes entières se mettre en rang dans la cour, prêtes à partir.

• 3. Du tac au tac

Bien que conservatrice et femme au foyer, sa mère aurait voulu finir ses études et prônait l’indépendance de ses pareilles. « Elle était féministe instinctivement », en dit sa fille, consciente de lui devoir son sens de l’argumentation et de la répartie, dont elle a usé à l’égard d’un père rigoriste. Le début d’une vocation d’avocate…

• 4. Syndicaliste

À la faculté de droit, elle rejoint le courant réformiste du mouvement syndical et constate que le respect des droits des femmes n’est pas monnaie courante. Elle rejoint alors le Club Tahar Haddad, matrice du mouvement féministe tunisien des années 1980. Le boute-en-train devient une meneuse.


>>> À LIRE – Tunisie : Tahar Haddad, à l’avant-garde du féminisme


• 5. Indignée

Avocate de jeunes arrêtés durant les « émeutes du pain » en 1984, elle hurle en pleine salle d’audience quand certains d’entre eux sont condamnés à mort, réclame la tenue d’un procès équitable, alerte l’opinion… et attire l’attention d’Amnesty International, qui lui demandera d’ouvrir sa section Tunisie.

• 6. « Acquittator »

Celle qui a défendu aussi bien des militants islamistes que des activistes de gauche a été marquée par l’affaire d’une femme qui avait dépecé son mari. Malgré la pression de l’opinion et des médias, qui réclamaient la peine capitale, elle obtient des juges qu’ils reconnaissent la démence de sa cliente. Et obtient aussi, en 2012, la condamnation de policiers qui avaient violé une jeune femme.

• 7. Confiante

Le 13 janvier 2011, Zine el-Abidine Ben Ali promet, dans ce qui sera son dernier discours, d’instaurer la démocratie. Sur un plateau télévisé, Bochra Belhaj Hmida estime que le moment est historique et dit faire confiance au président. Elle assumera sans ciller cette position.

• 8. Indépendante

Déçue par le parti Ettakatol, qui s’était allié aux islamistes en 2011, elle est élue à l’Assemblée en 2014 sous l’étiquette de Nidaa Tounes, puis quitte cette formation pour divergence de vues.

• 9. Pasionaria

Par deux fois présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates, elle met l’accent sur les notions d’égalité et de citoyenneté, indissociables selon elle. À l’Assemblée, elle a défendu bec et ongles la loi contre les violences faites aux femmes, qui interdit à un violeur d’épouser sa victime pour échapper à la justice.


>>> À LIRE – Tunisie : la loi sur l’élimination des violences faites aux femmes adoptée au Parlement


• 10. Fêtarde

Elle apprécie les tablées où l’on rit et chante, cultive de nombreuses amitiés dans les rangs des militants des droits de l’homme et étonne ses proches par son intuition.

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