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Cet article est issu du dossier «La Guinée face au choc social»

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En Guinée, la flamme de la culture est allumée à Conakry

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Directeur de la maison d'édition et de la librairie L'Harmattan-Guinée. Commissaire général de Conakry Capitale mondiale du livre (CCML, mars 2017 à mars 2018).

Les 72 heures du livre de Conakry, en avril 2013 © Haby Niakaté/Jeune Afrique

En 2017, Conakry a été désignée « capitale du mondiale du livre » par l'Unesco. Elle passera la main à Athènes, en avril prochain. Que restera-t-il ce cette année marquée par de nombreux événements culturels, en particulier littéraires ? De nombreux jalons et, surtout, la flamme de l'envie de lire allumée dans le cœur de nombreux jeunes Guinéens.

Tribune. Les Petits Champions de la lecture, Les 72 Heures du livre et le prix du jeune écrivain des éditions L’Harmattan-Guinée, la première édition du Salon international du livre de jeunesse et les Défis-Lecture des éditions Ganndal, le festival Univers des mots de la compagnie Muse ou encore celui de bande dessinée de l’association Bulle d’encre… Durant un an, en participant à ces événements, les jeunes Guinéens ont démontré qu’ils aimaient lire.

Ils se sont exprimés dans les quartiers, sur les murs de la ville, le street art transformant les rues en musée du livre. Ils étaient là durant des journées entières, parfois des nuits, pour prendre part aux centaines de rendez-vous organisés dans le cadre de Conakry Capitale mondiale du livre, confortant le choix de l’Unesco de faire de la capitale guinéenne la première ville francophone d’Afrique à accueillir cette manifestation internationale.


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Bonne nouvelle : Conakry comptera bientôt une cinquantaine de points de lecture, en plus de la nouvelle bibliothèque nationale et de la bibliothèque Professeur-Djibril-Tamsir-Niane, dont les travaux s’achèvent et qui sera inaugurée pendant la semaine de clôture de l’année du livre, du 22 au 25 avril. Conformément à un décret du chef de l’État, près de 2 millions de livres sont en train d’être distribués dans les quartiers de la ville, ainsi que dans tout le pays.

L’Association des écrivains de Guinée (AEG) a enfin été dotée d’un siège, plus de trente ans après sa création. Cette Maison des écrivains, ouverte aux jeunes, leur permet de rencontrer des auteurs guinéens et étrangers et de participer à des ateliers d’écriture, des débats, des dédicaces, des projections de films ou encore des soirées de théâtre et de slam organisés par l’association.

Hommages

Les écrivains guinéens ont rendu un hommage à Camara Laye, le célèbre auteur de L’Enfant noir (1953), et des contacts diplomatiques ont été pris avec le Sénégal pour faciliter le retour des restes de l’enfant de Kouroussa dans son pays natal. Une manière de lui accorder enfin la reconnaissance due à son rang de pionnier de la littérature guinéenne.


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Sous l’égide du Centre international de recherche et de documentation de Conakry, la première édition du prix Williams Sassine a récompensé, le 9 février, quatre jeunes auteurs (sur 64 nouvelles reçues), en présence de l’écrivaine ivoirienne Véronique Tadjo, présidente du jury.

Vers une « politique nationale du livre » ?

Enfin, à l’initiative du ministère de la Culture, la direction du livre et de la lecture publique, en partenariat avec les acteurs de la chaîne du livre, a réalisé une étude diagnostique du secteur et une politique nationale du livre est en cours d’élaboration.

Les professionnels – éditeurs, écrivains, libraires, bibliothécaires… – et les lecteurs comptent désormais sur les députés pour doter le pays d’outils de gouvernance pour l’avenir de la jeunesse.


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Les élus du peuple doivent aussi ratifier la convention de Florence et son protocole de Nairobi afin que soient réunies les conditions nécessaires au développement de l’industrie du livre et à la circulation de ce bien culturel.

L’objectif de Conakry : devenir la capitale africaine du livre

Le 22 avril, Conakry va passer la main à Athènes. Mais la métropole guinéenne travaille déjà à la création d’autres événements littéraires, dont un grand prix du livre africain, qui débouchera sur l’organisation d’un festival. Son objectif : devenir la capitale africaine du livre.

« La flamme est allumée »

Les jeunes doivent continuer dans cette dynamique. Le livre est leur avenir, parce qu’il permet de nourrir l’esprit, d’apprendre, de réfléchir, de s’épanouir, de voyager, de se construire pour transformer les rêves en réalité. La flamme est allumée.

Réussir demain passe par la lecture

Les parents doivent l’entretenir en privilégiant l’achat d’ouvrages pour une formation de qualité qui garantira un emploi. L’État, lui, doit en fournir aux établissements d’enseignement, aux services publics, aux quartiers dans les villes et aux communes en milieu rural. Il est possible d’atteindre l’émergence si nous nous en donnons les moyens. Réussir demain passe par la lecture.

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