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Face à face : Mohamed Benchaâboun (BCP) et Mohamed el-Kettani (Attijariwafa Bank) se disputent l’Afrique subsaharienne

Mohamed el-Kettani, à gauche, et Mohamed Benchaâboun, à droite. © Bruno Lévy et Hassan Ouazzani pour Jeune Afrique

L'un est PDG de la Banque centrale populaire, l'autre dirige Attijariwafa Bank. Tous deux se livrent une bataille à fleurets mouchetés à coups de nouvelles implantations, au Maroc comme sur le reste du continent.

Au sud du Sahara, Mohamed el-Kettani, PDG d’Attijariwafa Bank, et Mohamed Benchaâboun, patron de la Banque centrale populaire (BCP), se livrent une bataille à fleurets mouchetés à coups de nouvelles implantations. Dernière en date, celle de la BCP à Maurice et à Madagascar, grâce au rachat annoncé le 20 février de la Banque des Mascareignes et de sa filiale malgache, auprès du groupe français BPCE. Deux nouveaux marchés qui s’ajoutent à la douzaine dans laquelle elle est présente sur le continent. En 2017, la BCP avait déjà procédé à l’achat de BIA Niger.

Une concurrence jamais frontale

Une expansion pilotée par Benchaâboun en personne depuis plus de dix ans et validée par les résultats financiers du groupe. En 2017, l’activité à l’international a contribué à hauteur de 18 % dans le produit net bancaire (PNB) global de la BCP, contre 15 % en 2015, grâce notamment au puissant réseau de Banque atlantique, qui couvre à lui seul les huit pays de la zone UEMOA. Avec cette dernière acquisition, la BCP entend entrer sur les marchés anglophones.

Des pays d’Afrique de l’Est que lorgne aussi Mohamed el-Kettani, qui dirige la filiale bancaire du holding royal, SNI. Présent dans une quinzaine de pays, le patron d’Attijariwafa Bank a néanmoins réalisé l’an dernier le plus gros coup d’une banque marocaine à l’étranger en finalisant l’achat de 100 % de Barclays Égypte. Un nouveau périmètre qui a fait bondir le PNB des filiales africaines (+ 45,2 %), représentant désormais presque 33 % du PNB du groupe. Au Maroc, la rivalité est également forte.

Si Benchaâboun se targue d’être le premier collecteur d’épargne grâce à ses 26,3 % de part de marché, Kettani se félicite d’être le premier financeur de l’économie, en distribuant 286 milliards de dirhams (25 milliards d’euros) de crédits. Cette concurrence qui n’a jamais été frontale entre les deux présidents va désormais se prolonger sur le terrain de la finance islamique, où Attijari et la BCP ont lancé leurs activités l’an dernier à quelques semaines d’intervalle.

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