Transports

Face à face : Taoufiq Boussaid et Brahim Soua, les rivaux marocains du rail

Rame LGV. © Office National des Chemins de Fer

Le président de Bombardier transport Maroc, Taoufiq Boussaid, et le directeur général d'Alstom Maroc se battent pour un marché africain du ferroviaire en pleine croissance.

L’un est français, l’autre canadien. Alstom et Bombardier se battent pour un marché africain du ferroviaire en pleine croissance. Et cela passe par une forte présence au Maroc, où l’opérateur ONCF s’apprête à lancer sa ligne à grande vitesse (LGV) fin 2018.

Brahim Soua, patron d’Alstom dans le royaume, qui fournit les rames de la LGV mais aussi les tramways de Rabat et de Casablanca, a aussi remporté le 12 février un marché de 1,4 milliard de dirhams (123 millions d’euros) pour 30 locomotives électriques à la suite d’un appel d’offres international lancé par l’ONCF.

Son concurrent canadien, qui participait également à la course, pensait pourtant l’emporter. Taoufiq Boussaid, le président de la filiale marocaine de Bombardier Transport, la division ferroviaire du Canadien, n’est présent que depuis sept ans au Maroc. Il avait signé fin 2017 un accord pour la construction d’une usine à Kenitra pour 60 millions d’euros, en espérant que les contrats locaux se multiplient ; mais pour le moment il doit se contenter du chantier de la signalisation sur la LGV entre Tanger et Casablanca.

Bombardier, le grand succès africain

En Afrique du Nord, Alstom réalise presque le grand chelem. Ses tramways circulent à Alger, Sétif, Constantine et Oran. Le grand succès africain de Bombardier reste en Afrique du Sud avec la mise en service du train rapide Gautrain (2,5 milliards d’euros) reliant Johannesburg à Pretoria. Un pays où Alstom va construire une usine de fabrication de trains pour 4 milliards de dollars.

Au Maroc, le Canadien reste toutefois vigilant quant aux projets de l’ONCF, qui envisage d’allonger la LGV pour rallier Agadir, et aller plus loin au sud. Taoufiq Boussaid s’est même entouré d’une quinzaine de fournisseurs pour être prêt à décrocher une partie de ce marché. Il a signé un partenariat avec l’université Al Akhawayn, à Ifrane, pour une formation en gestion dans l’industrie ferroviaire. Une initiative qui n’a pas échappé à Brahim Soua. Il a choisi Casablanca pour mettre en place un centre de techniciens spécialisés avec l’appui du gouvernement français, qui le soutient activement sur le continent.

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