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Cet article est issu du dossier «Niger : et pourtant, il tient bon»

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BTP & Infrastructures

Niger : le troisième pont de Niamey prévu pour début 2021

Le pont de Niamey (Niger), le 12 septembre 2011 © Sunday Alamba/AP/SIPA

Le chantier du troisième pont de Niamey a commencé en décembre. Conçu, construit et financé par la Chine, l’ouvrage devrait être livré au début de 2021.

Sa première pierre a été posée par Mahamadou Issoufou en avril 2017, mais c’est Zhang Lijun, l’ambassadeur de Chine au Niger, qui a annoncé, en novembre, que la construction du pont Général-Seyni-Kountché allait s’engager le mois suivant. Et pour cause. Le futur troisième pont de Niamey est financé par Pékin à hauteur de 44 milliards de F CFA (67 millions d’euros), le plus lourd investissement de la Chine au Niger.


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L’ouvrage va relier deux grands quartiers de l’ouest de la capitale situés de part et d’autre du fleuve Niger, à proximité du centre des affaires : celui de Goudel, rive gauche, et celui de Lamordé, rive droite.

Voies d’accès comprises, ce sont 3,7 km de chaussée deux fois deux voies qui vont être construits, dont 1 km pour le pont lui-même, avec un terre-plein central planté d’arbres et des lampadaires installés sur les trottoirs aménagés de chaque côté.

Ce troisième pont sera finalement assez proche du pont Kennedy

Le tracé sera plus court que le projet initial, qui allait du quartier de Goudel à Karey-Gorou, une commune située à l’ouest de la capitale, rive droite, sur la nationale 4. « Compte tenu des perspectives de développement de la ville, il aurait peut-être mieux valu garder ce premier projet, regrette un automobiliste. Car ce troisième pont sera finalement assez proche du pont Kennedy. »

Désengorger le trafic

Reste que, sur cet ouvrage construit dans les années 1970 entre le quartier du Palais des congrès et celui de l’Université (à environ 5 km à l’est du futur pont), le trafic est totalement engorgé, tout comme sur le boulevard de la République. Et ce sont deux axes et 13 km que l’on est contraint de parcourir pour aller de Goudel à Lamordé… qui ne sont pourtant séparés que par un bras de fleuve.

Ce troisième pont permettra donc de relier les quartiers ouest de la capitale, de fluidifier ainsi la circulation en centre-ville sur les deux autres points de franchissement du fleuve et « d’offrir une nouvelle possibilité d’itinéraire pour les usagers des corridors vers le Burkina Faso et le Mali », souligne Kadi Abdoulaye, le ministre de l’Équipement.

Ce nouveau pont permettra d’offrir une nouvelle possibilité d’itinéraire pour les usagers des corridors vers le Burkina Faso et le Mali

Le pont Général-Seyni-Kountché devrait être inauguré au début de 2021, juste avant la fin du mandat du chef de l’État, tout comme le fut le pont de l’Amitié-­Sino-Nigérienne, inauguré en mars 2011 par Salou Djibo, président du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie, un mois avant l’investiture de Mahamadou Issoufou. La réalisation de ce deuxième pont et de ses voies d’accès (2,25 km) a coûté 25 milliards de F CFA, déjà financés par Pékin.

BTP, santé, hôtellerie…

Les investissements publics et privés de la Chine au Niger ont considérablement augmenté ces dernières années, avec une trentaine d’entreprises présentes dans les domaines du BTP et des infrastructures (transports, télécoms, eau et assainissement, énergie), de la santé (l’Hôpital général de référence de Niamey, inauguré en 2016) ou de l’hôtellerie, avec par exemple le Soluxe Hotel, ouvert en 2015 à Niamey par China Soluxe International (CSI, filiale de China Huayou Group Corporation), également présent dans le catering, notamment pour sa maison mère, China National Petroleum Corporation (CNPC).

Cette dernière exploite le pétrole produit depuis 2012 à Agadem (Nord-Est) et traité par la société de raffinage de Zinder (Soraz), à capitaux sino-nigériens.


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L’ambassadeur Zhang Lijun a confié avoir « discuté avec le président Issoufou » du développement du site d’Agadem et de la cimenterie de Kao (financée en partie par la Chine), ainsi que de la réalisation d’une ligne électrique de 330 kilovolts entre Niamey et Birnin Kebbi, dans le nord-ouest du Nigeria.


Pékin défend ses positions

Depuis 2012, la Chine assure la sécurité de ses activités et de ses infrastructures dans le Sahel en faisant appel à l’une de ses sociétés privées, Shandong Warwick Security Group, présente au Niger, au Burkina Faso, en Mauritanie, au Sénégal et en Guinée, en partenariat avec l’australien MSS Security Group.

Mais le pays pourrait prendre plus de place dans la lutte contre le terrorisme. Pékin réfléchit à une aide publique au G5 Sahel, à l’invitation, entre autres, de la France, laquelle, sans se désengager, espère limiter l’impact financier de sa présence dans la zone sahélienne.

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