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Cet article est issu du dossier «France-Maghreb : quand Macron veut tout changer»

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Diplomatie

Qui est Ahlem Gharbi, la conseillère spécialiste du monde arabe ?

Ahlem Gharbi en 2011 au Caire pendant la révolution égyptienne. © Capture d'écran/Youtube/Ministère des Affaires étrangères

Pour l’aider à décrypter les réalités de la région, Emmanuel Macron s’est attaché les services d’une jeune Franco-Tunisienne réputée pour son expertise. Portrait.

Depuis sa nomination en mai 2017 au cabinet présidentiel français, Ahlem Gharbi se montre discrète, très discrète. Lors du point presse à l’Élysée précédant le voyage d’Emmanuel Macron à Tunis, elle s’est éclipsée aussitôt le briefing terminé. Cette jeune quadra connaît bien la fonction publique. Si elle a quitté le groupe Total, où elle était directrice déléguée pour les affaires internationales chargée de la zone Afrique du Nord, Moyen-Orient et Afrique depuis 2015, pour rejoindre l’Élysée, elle avait déjà une expérience de dix ans au service de l’État.

En 2004, elle avait rejoint le ministère des Affaires étrangères comme responsable Afrique du Nord et Moyen-Orient du service des affaires immobilières. Elle changera de poste tous les deux ou trois ans, et gravit les échelons jusqu’à devenir conseillère diplomatique à la représentation française auprès de l’ONU.

Au Caire pendant la révolution

Mais sur son CV la ligne qui interpelle le plus est sans doute celle indiquant un passage à l’ambassade de France au Caire comme « deuxième secrétaire chargée de la politique intérieure et des droits de l’homme », en pleine effervescence révolutionnaire. Le job n’a rien d’une sinécure mais se révèle passionnant. En 2011, le Quai d’Orsay lance un petit webdocumentaire. Une première. Dans Destinations, chroniques d’une diplomatie de terrain, on voit une Ahlem Gharbi tout sourire rendre visite à des partis issus de la révolution de 2011 ou observer des manifestations depuis un balcon, avec une vue imprenable sur la place Al-Tahrir, au Caire. Nous sommes en juin 2012.

Cinq ans plus tard, en juin 2017, elle accompagne le nouveau président français au Maroc à l’occasion d’une « visite personnelle ». C’est le premier déplacement du chef de l’État en terre maghrébine. Elle sera également du voyage lors de la visite « d’amitié et de travail » de Macron en Algérie et de sa visite d’État en Tunisie. À cette dernière occasion, elle voyage aux côtés du chercheur et spécialiste du monde arabe Gilles Kepel, sous la direction duquel elle a soutenu son DEA à Sciences-Po Paris entre 2000 et 2001, après une licence d’arabe à la Sorbonne.

Nouvelle approche, cadre inchangé

Franco-Tunisienne, Ahlem Gharbi assurait à JA que sa double nationalité n’était pas l’explication de son choix de carrière, préférant évoquer « un intérêt intellectuel ». Aujourd’hui, elle travaille sous l’autorité de Philippe Étienne, conseiller diplomatique de Macron, et de son adjoint, Aurélien Lechevallier. Avec ce dernier, elle a aiguillé le président français lors des discussions entre les frères ennemis libyens Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar à La Celle-Saint-Cloud, dans la région parisienne, en juillet 2017.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : lorsqu’elle déroule les éléments de langage de la visite tunisienne du président Macron, l’importance prise par la « société civile » ne traduit en rien un côté « militant », pas plus qu’il ne s’agit d’un « legs » de son séjour égyptien. Ahlem Gharbi est une excellente connaisseuse de la région, au service d’une diplomatie qui renouvelle son vocabulaire et ses approches sans changer fondamentalement de cadre.

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