Littérature : Ngugi wa Thiong’o, un écrivain (trop) engagé

Ngugi wa Thiong’o et son épouse Njeeri wa Ngugi lors d'une conférence de presse à Nairobi en décembre 2006. © REUTERS/Thomas Mukoya

À travers ses romans et ses nouvelles, l'auteur kenyan dépeint une société mondialisée moribonde et dénonce la mainmise de l'Europe sur l'Afrique.

Pour une Afrique libre est un recueil d’essais rédigés dans les années 2000, en diverses occasions, par Ngugi wa Thiong’o. Ils portent sur des thématiques chères à l’intellectuel kényan : les langues, la littérature, l’esclavage, la menace nucléaire, la colonisation…

Radicales et stimulantes, ses idées sont exprimées avec limpidité et avec tant de force que l’on craint de comprendre pourquoi les très corrects jurés du Nobel de littérature n’osent pas prendre le risque de lui attribuer son prix.

« La réalité est que, depuis ces quatre cents dernières années, l’Europe et l’Occident ont été le cauchemar de l’Afrique, et l’Afrique le paradis des Européens », écrit-il par exemple.

Anticapitaliste avéré

Mais il réserve sa charge la plus virulente contre le « fondamentalisme capitaliste » loué quotidiennement à peu près partout dans le monde en dépit des preuves accumulées de son échec. « Ce qui caractérise la mondialisation dans sa phase actuelle, c’est l’impératif pratique et idéologique du fondamentalisme capitaliste. […] Il n’y a qu’un dieu, son nom est marché, et l’Occident est son gardien.

Entrez et laissez votre destin à la tendre merci du marché. En réalité, la tendre merci est démentie par l’écriture invisible sur le mur : “Lasciate ogni speranza, voi ch’entrate.” – “Vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir.” » Les lettrés auront reconnu les vers de Dante et le chant III de La Divine Comédie, qui marque le début du voyage en enfer.







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