Politique économique

Maroc : Mohcine Jazouli, le nouveau monsieur Afrique de Mohammed VI

Mohcine Jazouli dirige maintenant un ministère délégué auprès de celui des Affaires étrangères, chargé des Affaires africaines et de l’Investissement. © DR

Le marocain Mohcine Jazouli vient d'être placé à la tête d'un ministère délégué auprès de celui des Affaires étrangères, chargé des Affaires africaines et de l’Investissement. Petite présentation.

Le 13 octobre 2017, Mohammed VI annonçait la création d’un « ministère délégué auprès de celui des Affaires étrangères, chargé des Affaires africaines, et plus particulièrement de l’Investissement ». Un peu plus de trois mois plus tard, le 22 janvier, le roi a décidé d’en confier les rênes à Mohcine Jazouli, 49 ans, sans étiquette politique et peu connu du grand public. La diplomatie politique restant du ressort de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, le rôle de ce nouveau visage, originaire de Rabat, se limitera au volet économique.

Diplômé en ingénierie de Paris-IX, technocrate passé par Ernst & Young, avant de fonder Valyans Consulting, le premier cabinet de conseil en stratégie marocain, le nouveau « Monsieur Afrique » du royaume a, selon Neila Tazi, présidente de la commission communication de la CGEM (patronat), « l’expertise pour mener à bien sa mission dans une région où il a exercé ». À la CGEM, on ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur celui qui en a présidé la commission stratégie.

Homme d’expérience

Associé de près à l’audit des projets lancés dans quinze pays africains commandé par le roi en juillet 2017, Jazouli a, à cette occasion, donné la pleine mesure de ses compétences. Sa nouvelle mission s’inscrit donc dans le droit fil du travail qu’il a effectué durant les cinq derniers mois. Soucieux de faire aboutir l’ensemble des projets, Mohammed VI devrait également annoncer la création de deux cellules de suivi, l’une au ministère de l’Intérieur, l’autre au ministère des Finances.

En 2016, sur les 64,6 milliards de dollars d’IDE que l’Afrique a attirés, le Maroc en a injecté 4,9 milliards, notamment en Afrique de l’Ouest, une région que Jazouli connaît bien puisque son cabinet avait dupliqué en 2012, en Côte d’Ivoire et au Gabon, le plan Maroc vert, concocté en 2008 pour le ministère marocain de l’Agriculture. Sans oublier la vingtaine de missions qu’il a réalisées pour des gouvernements africains.

« C’est un secteur fortement concurrentiel où la discrétion est de mise. Jazouli ne parle jamais de ses clients, et personne d’ailleurs ne les connaît »

Parmi les plans adoptés par le royaume et qui portent sa signature, citons le plan Émergence pour l’industrie, le plan Halieutis pour la pêche, ou encore le volet tourisme de Vision 2020. Son cabinet, dont il a démissionné après sa nomination, rivalise avec les grosses cylindrées que sont McKinsey & Company ou BCG. En 2016, son chiffre d’affaires s’était élevé à 117 millions de dirhams (10,3 millions d’euros), pour un marché estimé à moins de 1 milliard.

« C’est un secteur fortement concurrentiel où la discrétion est de mise. Jazouli ne parle jamais de ses clients, et personne d’ailleurs ne les connaît », précise, sous le couvert de l’anonymat, un homme d’affaires qui s’était attaché ses services. C’est ce qui explique que Mohcine Jazouli se soit toujours tenu à distance des médias et des mondanités.

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