Cinéma

Cinéma – « Une Saison en France » : Mahamat-Saleh Haroun tourne pour la dignité des réfugiés

Le film "Une saison en France" retrace le parcours d'Abbas, réfugié centrafricain en France © Franck verdier/pili films

Le nouveau film du tchadien Mahamat-Saleh Haroun, « Une Saison en France », compte le parcours d'un réfugié Centrafricain en France et évite tous les stéréotypes.

Avant de devenir cinéaste, Mahamat-Saleh Haroun fut réfugié. Blessé lors de combats, il a fui son pays en traversant le lac Tchad. Avant de gagner la France, en 1982. Qu’il ait choisi pour sujet de son dernier film l’évocation de la vie d’un exilé, le Centrafricain Abbas, n’est donc guère étonnant. Mais le moins que l’on puisse dire est qu’il n’enjolive pas la réalité.

Le héros, un veuf, père de deux enfants, magnifiquement joué par Eriq Ebouaney, vit une véritable descente aux enfers après que sa demande d’asile politique a été rejetée par les autorités françaises. Un film désespéré ? Non, car Abbas sera toujours en mouvement. Pour un homme du désert, marcher, c’est rester vivant. Et il a reçu l’amour de la fleuriste Carole, interprétée par Sandrine Bonnaire – qui illumine le film.

Loin des stéréotypes

Le cinéaste aurait pu être mal à l’aise avec ce premier long-métrage « français », où il dirige des acteurs professionnels connus. Mais même s’il ne s’agit pas de son long-métrage le plus abouti, notamment en raison d’un scénario assez linéaire, Une saison en France permet à Haroun de déployer ses qualités de cinéaste.

Sensible et humaniste, il propose de belles scènes et un regard original sur Paris, à travers les yeux d’un réfugié. Mais ce qui fait le prix de ce film, c’est surtout la façon dont le réalisateur a su dresser le portrait de réfugiés sans les réduire à des stéréotypes. Ainsi Abbas a un visage, une histoire, une dignité, un pays natal. Unique et attachant, il mérite qu’on le considère ainsi. Ce que ne fait pas l’Administration de son pays d’accueil…

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