Tunisie : le phénomène « Fech Nestannew », ou quand les jeunes jouent collectif

Une manifestante arbore le slogan du mouvement "Fech Nestanew ?" (Qu'attendons-nous?), le 9 janvier 2017 à Tunis. © Sipa AP / Hassene Dridi

Depuis le 3 janvier, ils se rassemblent de jour comme de nuit et apposent sur les murs leur slogan, qui sert aussi de nom à leur campagne : Fech Nestannew ? (« qu’est-ce qu’on attend ? »).

Campagne, collectif ou mouvement, Fech Nestannew ?, qui exige l’abrogation de la loi de finances 2018, s’est organisé autour d’une page Facebook du même nom, parvenant à rallier des jeunes de plusieurs villes. « Les partis ont une organisation très verticale, la hiérarchie y est importante, remarque Henda Chennaoui, militante du mouvement. Pas chez nous. »

Voilà une première différence entre les partis et ces campagnes, plus souples et informelles, à l’instar de Fech Nestannew ? ou de Manich Msamah (« je ne pardonne pas »), qui s’est opposé, entre 2015 et 2017, au projet de loi de réconciliation nationale visant à amnistier certains hommes d’affaires et fonctionnaires impliqués dans des malversations sous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali.

Le parti de la révolution

« Autre différence de taille, précise un jeune militant, les partis demandent d’adhérer à un tas de points précis. Pas de ça ici. » Si la plupart des jeunes militants sont sensibles aux idées de gauche, les libéraux et les conservateurs sont les bienvenus. Ces collectifs exercent d’autant plus d’attrait que les partis sont « très violemment et régulièrement discrédités, notamment dans les médias », relève Nadia Chaabane, militante d’Al-Massar.

« En interne, ajoute Chennaoui, dans la manière de prendre les décisions de communiquer ou de se coordonner, tout cela fonctionne sur le même mode que durant la révolution. » Comme si ces campagnes, souvent audacieuses mais parfois foutraques, perpétuaient avant tout un esprit : celui des journées de décembre 2010-janvier 2011. Le parti de la révolution, en somme.

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