Téléphonie : Yerim Sow et Kabirou Mbodje se battent (encore) pour Tigo

Par - à Dakar

Millicom opère en Afrique sous la marque Tigo. © Vincent Fournier/JA

L'un est fondateur de la plateforme de paiement Wari. L'autre est le patron du groupe Teyliom. Et tous deux veulent le contrôle de l’opérateur téléphonique Tigo.

La lutte entre les deux hommes d’affaires se poursuit. Chacun à leur  manière, les deux Sénégalais tentent de faire pencher la balance en leur faveur. Kabirou Mbodje, le bouillant fondateur de la plateforme de paiement Wari, a choisi l’affrontement sur la place publique, tandis que son concurrent a opté pour la discrétion.

À coups de communiqués, il a dénoncé la décision de Millicom, rendue publique le 31 juillet 2017, de ne plus lui vendre sa filiale sénégalaise malgré l’accord conclu cinq mois plus tôt. Le groupe luxembourgeois a préféré se tourner vers Yerim Sow, patron du groupe Teyliom, associé aux Français Xavier Niel et Hassanein Hiridjee, faute d’avoir reçu selon lui la preuve que Mbodje serait en mesure d’apporter les 129 millions de dollars nécessaires pour conclure la vente. Habitué des procédures judiciaires, le fondateur de Wari a déposé à Paris, en novembre 2017, deux demandes d’arbitrage, l’une contre Niel et Hiridjee (en épargnant Sow) et l’autre contre Millicom, répondant à celle déposée par ce dernier.

Une concurrence sous influence

Le 4 décembre, Macky Sall, pour qui la querelle n’a que trop duré, a exhorté les protagonistes à trouver une issue amiable d’ici à février. Faute de quoi, l’État prendra une décision « qui peut ne pas être heureuse », a-t-il averti. Si des instructions ont été données au Premier ministre, aucun accord n’a encore été trouvé. Toujours prompt à exalter le nationalisme de ses concitoyens pour dénoncer la cession de l’opérateur à des entrepreneurs français, Mbodje bénéficie d’une certaine sympathie dans les médias.

Mais son influence dans les cercles du pouvoir reste a priori inférieure à celle de son concurrent, fils d’Aliou Sow, fondateur aujourd’hui décédé de la Compagnie sahélienne d’entreprises. Si l’affaire compte tant pour le patron de Teyliom, c’est sans doute qu’il entend prendre une revanche sur le passé. En 1998, il s’était fait souffler par Millicom la deuxième licence de téléphonie mise en vente par l’État. C’est dans ces circonstances qu’il était parti en Côte d’Ivoire pour investir dans Telecel, devenu par la suite MTN Côte d’Ivoire, dont Teyliom est toujours actionnaire.

 

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