Côte d’ivoire : guerre des chefs dans le canton Akoué

Augustin Thiam, 59 ans, gouverneur du district de Yamoussoukro. © Xavier SCHWEBEL pour JA

Depuis son arrivée à la tête du canton Akoué en juillet 2014, le gouverneur de Yamoussoukro est en guerre ouverte avec un autre petit-neveu de l’ancien président ivoirien.

« Qu’il s’habille en roi d’Espagne s’il le veut, ce n’est pas ce qui va lui donner le trône ! » Augustin Thiam ne décolère pas. Augustin Dahouet lui dispute le titre de chef d’un territoire qui regroupe 44 villages autour de Yamoussoukro et qu’a dirigé Houphouët en son temps.

Les deux hommes s’écharpent sur les règles d’héritage de ce titre coutumier et rivalisent d’exemples pour prouver leur légitimité. « Dès mon plus jeune âge, on m’appelait Nana [“chef”, en baoulé] », raconte Augustin Thiam. Il se souvient des déjeuners qu’il partageait régulièrement avec Houphouët. « En 1990, je suis arrivé à table, il y avait trois assiettes. Le président m’a dit : “Mon futur Premier ministre va déjeuner avec nous.” Quelques jours plus tard, Alassane Ouattara a été nommé, j’ai été le premier au courant. »

Augustin Thiam, rallié au RDR d’Alassane Ouattara

Augustin Dahouet se souvient quant à lui de son enfance au Palais auprès de Marie-Thérèse, à qui il a été confié dès son plus jeune âge : « Elle m’a élevé. Tout le monde m’appelait “Houphouët Kan”, le petit Houphouët. »

Une rivalité sur fond de tensions politiques entre le Rassemblement des républicains (RDR) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Une partie de la famille Houphouët-Boigny a vu d’un mauvais œil le ralliement d’Augustin Thiam au parti d’Alassane Ouattara, le RDR. Pour eux, Augustin Dahouet préserverait mieux les intérêts du clan.

Ancien secrétaire général du PDCI, Dahouet est très proche de son cousin, l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny, et de l’ancien président Henri Konan Bédié. Bédié lui-même a été sollicité pour apaiser les tensions, tout comme Hamed Bakayoko, le ministre RDR de la Défense. Mais rien n’y a fait, pas même l’arrêt de la Cour suprême ivoirienne qui, en avril 2017, a tranché le différend en faveur d’Augustin Thiam.

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