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Grand format Bénin : l’État reprend la main sur les diplômes universitaires

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Pour contrôler la qualité des formations, l’État reprend la main sur les examens. N’en déplaise aux universités privées qui ne sont pas à la hauteur.

« Enfin, nous avons des diplômes crédibles », se satisfait Théophane Ayi, responsable de l’UATM Gasa Formation, qu’il a créé il y a une vingtaine d’années, et président du Forum des grandes écoles et universités du Bénin.

« Les parents triment pour payer les frais de scolarité de leurs enfants, qui finalement restent en marge de tous les concours de la fonction publique en raison de la qualité douteuse des diplômes délivrés dans les universités privées », regrette cet informaticien qui a milité pendant de nombreuses années pour que les pouvoirs publics organisent les examens de fin de cycle.

Objectif : « Rendre crédible les diplômes »

C’est chose faite depuis la rentrée de 2016 et les réformes engagées par Marie-Odile Attanasso, la ministre de l’Enseignement supérieur « pour rendre crédibles les diplômes ».

Jugée impopulaire après avoir annoncé la fin de la gratuité des inscriptions dans les universités publiques, cette économiste de formation a été confirmée dans ses fonctions en octobre 2017. Dès sa nomination en avril 2016, la ministre a engagé un bras de fer avec les universités privées qui offrent des formations sans l’agrément des pouvoirs publics.

Seul un tiers des 146 établissements autorisés au niveau licence et master pouvaient alors prétendre à la cosignature de leurs diplômes avec l’État. La publication dans la presse d’une liste épurée était un premier avertissement pour ceux qui n’étaient pas cités et, surtout, une contre-publicité à destination des parents.

« Nous demandions depuis longtemps que le ménage soit fait », confie Théophane Ayi, dont l’organisme de formation occupe la tête de liste des établissements recommandés. La reprise en main par l’État des examens doit permettre de vérifier et de valider l’enseignement proposé par les universités privées. Une période transitoire de trois ans est prévue, le temps que ces dernières se mettent en règle pour ainsi éviter « l’impossible coût social que provoquerait la fermeture des établissements indélicats », soutient la ministre.

Autres tempêtes

Le gouvernement peut déjà se rassurer avec les résultats obtenus par les étudiants en septembre 2017, lors de la première édition de cette « réorganisation ». Sur les 2 201 inscrits en licence, 87,91 % ont décroché leur sésame !

« C’est la rigueur dans la sélection des candidats qui explique une telle réussite », tempère Dodji Amouzouvi, directeur des établissements privés d’enseignement supérieur. D’abord méfiants, les étudiants ont aujourd’hui compris le bien-­fondé de la réforme. « Ces examens facilitent la reconnaissance de nos diplômes par l’État », confirme Hervé, étudiant en informatique de gestion.

« C’est une bonne chose pour notre insertion professionnelle. Auparavant, nous ne pouvions pas postuler à un emploi public parce que l’État ne voulait pas entendre parler de nos diplômes », confirme Myriam, qui a décroché sa licence chez UATM Gasa Formation.


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L’impétueux vent de changement qui souffle sur les universités privées annonce d’autres tempêtes, de la suppression du BTS en faveur du système licence-master-doctorat (LMD) à la création d’une agence publique chargée de veiller à la qualité des enseignements… Autant d’actions qui risquent encore d’égratigner la popularité de Marie-Odile Attanasso auprès des responsables de l’enseignement privé. Mais la ministre ne semble pas s’en émouvoir.

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