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Cet article est issu du dossier «Algérie : le retour en grâce de Chakib Khelil»

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Politique

Chakib Khelil : pourquoi la Suisse a rejeté son recours ?

Chakib Khelil à Vienne, le 10 septembre 2008. © Ronald Zak/AP/SIPA

Dans le cadre d’une demande d’entraide complémentaire internationale en date du 18 février 2013 (six mois avant l’inculpation de Khelil), la justice algérienne demande à la Suisse de lui transmettre les documents relatifs aux cinq comptes que l’ex-ministre et son épouse détiennent en Suisse.

Alger soupçonne le couple d’avoir reçu une partie des 197,9 millions d’euros que Farid Bedjaoui avait touchés entre juin 2007 et février 2011 comme intermédiaire de Saipem, qui a obtenu 8 milliards d’euros de contrats avec Sonatrach.

À l’époque réfugié aux États-Unis, Chakib Khelil engage l’avocat Patrick Hunziker pour s’opposer à cette requête. Le 23 mai 2014, celui-ci dépose un recours en invoquant trois motifs : le nom de Khelil et ses comptes bancaires ne figurent pas dans la commission rogatoire algérienne, l’affaire est politique, et la procédure a été engagée en raison des opinions politiques de son client.

Cinq  comptes en Suisse

Le 14 janvier 2015, le Tribunal pénal fédéral (TPF) rejette l’appel. Ses arguments ? Le nom de Khelil apparaît « expressément dans l’exposé des motifs des requêtes algériennes, et son rôle dans les montages corruptifs semble avoir été prépondérant ». L’intéressé se trouvant sur le sol américain au moment de l’appel, il ne risque pas d’être extradé vers l’Algérie. Enfin, le recourant n’a pas commis les infractions reprochées dans la lutte pour ou contre le pouvoir. « Au contraire, lui-même représentait le pouvoir, écrit le TPF. Les pots-de-vin qu’il aurait reçus dans le cadre de l’attribution de marchés publics à diverses sociétés étrangères ne sont pas plus un acte politique en Algérie qu’ils ne le sont en Suisse. »

Si Khelil n’a absolument rien à se reprocher, pourquoi a-t-il refusé que la Suisse transmette ses relevés bancaires ? L’ex-ministre explique que cet argent déposé en Suisse provenait de sa pension de retraité de la Banque mondiale. Pourquoi cet argument ne figure-t-il pas dans l’appel introduit en 2014 par son avocat suisse ? Si la loi algérienne ne lui interdit pas, comme retraité de la Banque mondiale, de détenir un compte à l’étranger, avait-il besoin d’en ouvrir cinq dans deux banques suisses ?

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