Cameroun : Julius Sisiku Ayuk Tabe leader séparatiste déjà déchu ?

Sisiku Julius Ayuk Tabe, leader séparatiste de la partie anglophone du Cameroun, "président" de la république auto-proclamée d' "Ambazonie", en octobre 2017 aux États-Unis. © DR / Copie d'écran Youtube

Les séparatistes camerounais ont annoncé l’arrestation du président de l’autoproclamée république d’Ambazonie alors qu’il était à Abuja.

Il disait faire de son mieux pour obtenir une reconnaissance rapide de l’Ambazonie par l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne. Le sécessionniste Julius Sisiku Ayuk Tabe, 52 ans, président de ce micro-État autoproclamé, aurait été arrêté le 5 janvier dans un hôtel d’Abuja en compagnie de neuf autres cadres de son mouvement, alors qu’il présidait une réunion consacrée à la « crise des réfugiés » issus du Cameroun anglophone au Nigeria.


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Yaoundé et Abuja se sont gardés de confirmer l’information, mais un communiqué des séparatistes camerounais dénonce l’interpellation de leur champion, un ingénieur formé au Royaume-Uni, reconnu essentiellement par des militants de la diaspora qui tentent de lui forger une stature de leader d’opinion sur les réseaux sociaux.

« Self defense »

Désigné président intérimaire en juillet 2017, celui qui se définit lui-même comme un « militant » adepte du « self defense contre l’armée de la République » entendait affranchir les deux régions anglophones de l’autorité de Yaoundé.

Décrit comme peu stratège, peu politique et peu diplomate par tous ceux qui l’ont approché, cet ex-salarié d’Eneo Cameroun, la compagnie nationale d’électricité, vivant entre les États-Unis et le Nigeria, s’était jusqu’ici borné à gérer les divisions internes d’un mouvement peu structuré et sous la perfusion financière de la diaspora.


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L’arrestation des leaders ambazoniens – si elle était confirmée – marque-t-elle la fin du mouvement sécessionniste ? Pas sûr.

Si Julius Sisiku Ayuk Tabe semble avoir été aussitôt remplacé par l’avocat Bobga Harmony, reste à savoir ce que fera Ayaba Cho Lucas, figure radicale de la lutte sécessionniste et chef du groupuscule semi-officiel Ambazonia Defence Forces (ADF), soupçonné de collusion avec des organisations armées du Sud nigérian.

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