Madagascar : l’économie reste très fragile

Dégâts causés par le cyclone Enawo, dans les environs de la capitale Antananarivo, à Madagascar, le 9 mars 2017. © Alexander Joe/AP/SIPA

Cinq ans après la fin de la crise politique qui a secoué le pays, de 2009 à 2013, la situation économique de Madagascar reste préoccupante. Et malgré toutes ses richesses naturelles, le pays figure toujours parmi les plus pauvres au monde.

Si les bailleurs de fonds internationaux saluent le travail du gouvernement  de Madagascar pour remettre l’économie du pays sur les rails, ce dernier doit également compter avec les catastrophes naturelles et sanitaires qui frappent de manière récurrente la Grande Île. Alors qu’il se remettait à peine de l’invasion de criquets de 2013, le secteur agricole, qui compte pour plus d’un quart du PIB et fait travailler près de quatre Malgaches sur cinq, a subi en mars le passage du cyclone Enawo, qui, en dévastant le nord-est du pays, a limité la contribution du secteur primaire dans la croissance du pays.

Estimée à 4,5 % pour cette année, celle-ci vient d’être révisée par le FMI à 4,3 %. Et c’est sans compter les conséquences liées à l’épidémie de peste, dont les effets sur l’activité économique du pays restent à mesurer. Après les 3,1 % enregistrés en 2015 et les 4,2 % de l’année dernière, le PIB continue donc sa progression mais garde un rythme bien inférieur à celui prévu par le Plan national de développement (PND) 2015-2019, qui tablait sur une croissance de 8,9 % dès 2017.

Contexte morose

Il est surtout insuffisant pour faire face aux besoins de Madagascar en matière de santé et d’éducation, quand huit personnes sur dix vivent dans des conditions d’extrême pauvreté et un enfant sur deux souffre de malnutrition, alors que la croissance démographique est en progression de 2,8 % par an. L’inflation, qui pourrait culminer à près de 8 % cette année, devrait encore compliquer les conditions de vie de la population, confrontée à l’envolée des prix du riz mais aussi des principaux produits d’importation, à commencer par le pétrole.

Dans ce contexte assez morose, la relance du secteur secondaire, porté par les bons résultats enregistrés par l’industrie textile, et du tertiaire, tiré par le tourisme et les banques, permet d’espérer une reprise économique à moyen terme. Même si le niveau des dépenses publiques, plombées par les subventions accordées aux entreprises en difficulté (Air Madagascar et Jirama, la compagnie de distribution d’eau et d’électricité), reste trop important au regard des recettes. Résultat, le taux d’endettement du pays devrait dépasser les 42 % à la fin de cette année, contre moins de 39 % douze mois plus tôt.

Le FMI table sur une croissance de 5,3 % pour 2018, dopée par l’investissement public et un rebond du secteur agricole

Pour remettre un peu d’ordre dans ses finances et surtout payer une partie des infrastructures nécessaires au développement du pays, le gouvernement compte sur les 10 milliards de dollars promis par la communauté internationale en décembre 2016. Conditionnés à la lutte contre la corruption et à une amélioration de la gouvernance, les premiers décaissements se font toujours attendre.

Le FMI veut pourtant croire que les réformes lancées ces dernières années porteront bientôt leurs fruits. Il table sur une croissance de 5,3 % pour 2018, dopée par l’investissement public et un rebond du secteur agricole. De quoi assurer un bilan présentable pour le président, Hery Rajaonarimampianina, en course pour un deuxième mandat en 2018.

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