Économie

Liste noire : ça rame à Tunis

Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, le 6 décembre 2016. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Les Tunisiens ont été surpris de voir le nom de leur pays sur la liste des paradis fiscaux de l’Union européenne. Au mois de janvier, la commission parlementaire mixte tuniso-européenne de l’Assemblée tunisienne, ainsi que Hichem Ben Ahmed, le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, se rendront à Bruxelles, notamment pour discuter avec les Européens de la politique anti-fraude menée par la Tunisie.

L’inscription, le 5 décembre, de la Tunisie sur la liste noire des paradis fiscaux de l’UE, au titre des juridictions non coopératives, suscite dans le pays un vif sentiment d’injustice. Les autorités tunisiennes devaient rendre compte, par écrit, aux ministres des Finances européens de leurs efforts en matière de lutte contre l’évasion fiscale, ainsi que contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Selon nos sources, le gouvernement savait depuis le 3 novembre que, faute de s’être engagé à redresser la situation avant janvier 2019, le Groupe d’examen de la coopération internationale (qui relève du Groupe d’action financière de l’OCDE) avait inscrit le pays parmi les États à hauts risques en matière de blanchiment et de financement du terrorisme.

Lutte contre le blanchiment d’argent et la corruption

Une double peine pour Tunis, qui a révélé un manque de communication entre les équipes gouvernementales dans le traitement de ce dossier, géré, sous le contrôle de la primature, par le ministère de l’Investissement, du Développement et de la Coopération internationale. À l’étude depuis novembre 2016, il n’a pas été traité dans les délais : la réponse de la Tunisie n’est arrivée que le 4 décembre dernier.

Depuis, les négociations s’accélèrent. Sans attendre la réunion des ministres des Finances européens, le 23 janvier, la commission parlementaire mixte tuniso-européenne de l’Assemblée tunisienne est attendue à Bruxelles début janvier. Hichem Ben Ahmed, le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, se rendra lui aussi dans la capitale belge, les 14 et 15 janvier – une visite déterminante, aussi bien pour les négociations sur l’accord de libre-échange complet et approfondi (Aleca) que pour le retrait de la liste noire.

Il devra donner des gages de transparence et rassurer les Européens sur les réformes en matière de fiscalité et de contrôle du blanchiment, afin de se mettre en conformité avec la législation de l’UE. Des points qui conditionnent également le soutien du FMI à la Tunisie.

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