Économie

Ghana : un an après l’élection de Nana Akufo-Addo, embellie générale sur l’économie du pays

Le pétrole ghanéen, notamment celui extrait sur le champs Jubilee, soutient les bonnes perspectives de croissance du pays ©

Un taux de croissance en hausse, une inflation en recul et une balance commerciale dopée par les exportations d’or et de pétrole. L’économie du Ghana se porte relativement mieux, en dépit du déficit budgétaire.

Si le taux de croissance du Ghana en 2016 était de 3,3 %, celui de 2017, selon les prévisions du FMI pourrait se situer autour de 5,9 %. Au premier semestre 2017, le taux de croissance était de 6,6 %, son niveau le plus élevé depuis 2013, même s’il reste loin du record de 2011 – 14 %, grâce à l’exploitation pétrolière.

Avec 565,2 millions de dollars (476 millions d’euros) décaissés par le FMI, le gouvernement a pu lancer un vaste programme de promotion de l’agriculture, avec des projets d’irrigation dans chacune des 275 circonscriptions parlementaires du pays. Arrivés au pouvoir en décembre 2016 après les huit années de règne du Congrès démocratique national (NDC) de l’ancien président Jerry Rawlings, Nana Akufo-Addo et son Nouveau Parti patriotique (NPP) ont proposé dès 2017 une politique industrielle qui commence à porter ses fruits.

 Secteur pétrolier

Les initiatives ne manquent pas. La promotion des produits made in Ghana, lancée timidement en 2016, s’est accentuée avec le nouveau Programme national de redynamisation industrielle, comprenant un plan de relance de l’industrie ainsi qu’un plan national pour l’entrepreneuriat et l’innovation. Conjugué avec la politique agricole « Un village, un barrage », le projet phare « Un district, une usine », même s’il n’a pas encore été véritablement mis en œuvre, vise à promouvoir une industrialisation décentralisée.

« Les exportations du Ghana restent à ce jour principalement constituées d’un faible nombre de produits de base très sensibles aux fluctuations des marchés mondiaux » selon la BAD

Le secteur pétrolier, gros contributeur au PIB derrière les services et suivi par l’industrie et l’agriculture, a été relancé en 2017 après la forte baisse de production d’hydrocarbures relevée en 2016. En effet, les problèmes techniques survenus sur l’une des plus importantes plateformes de production et de stockage (FPSO) du pays ont été entre-temps résolus. L’arbitrage en faveur du Ghana par rapport à la Côte d’Ivoire dans le conflit qui opposait les deux pays depuis 2011, confirmé en septembre 2017 par le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), devrait largement doper les exportations ghanéennes. La réserve de pétrole dans la zone disputée est estimée à 2 milliards de barils.

Quant à l’inflation, alors qu’elle était de 11,9 % en juillet, elle a connu une légère hausse à 12,3 % en août, après les 13 % déjà enregistrés en avril 2017. Globalement, l’inflation dans la deuxième économie de l’Afrique de l’Ouest après le Nigeria reste maîtrisée, d’autant qu’elle était encore de 15,4 % en 2016.

Bémols

Toutefois, certains bémols sont observés dans cette embellie générale. L’État s’était fixé pour objectif de réduire son déficit public, de 8,7 % du PIB en 2016 à 6,5 % en 2017. Un scénario désormais improbable au regard de la modicité des recettes fiscales, inférieures aux prévisions gouvernementales. Le déficit est notamment lié au ralentissement du secteur des services (3,7 % au premier semestre 2017 contre 6,6 % sur la même période en 2016), consécutif à la chute des profits des établissements bancaires (– 40 %).

« Par ailleurs, les exportations du Ghana restent à ce jour principalement constituées d’un faible nombre de produits de base très sensibles aux fluctuations des marchés mondiaux, relève la BAD. Tandis que la création de valeur ajoutée dans les secteurs minier et agricole reste soumise à d’importantes contraintes. »

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