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Marwane Ben Yahmed est directeur de publication de Jeune Afrique.

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L’année qui s’achève ne nous aura épargné aucune surprise.

Sur le plan international, citons naturellement l’élection de Donald Trump (qui a pris ses fonctions en janvier) aux États-Unis et celle d’Emmanuel Macron en France. Le chef de la première puissance mondiale, qui ne semble guère s’embarrasser dans la vie du qu’en-dira-t‑on et des usages diplomatiques, ne laisse d’inquiéter. Le président français, lui, continue de nous étonner, plutôt positivement.

L’Afrique n’a pas été en reste. Qui eût cru que l’indéboulonnable Robert Mugabe aurait pu être contraint à la démission ? Ou que José Eduardo dos Santos, réputé tout aussi inamovible, déciderait de passer la main à un successeur – en l’occurrence João Lourenço – qui, chaque jour, se libère un peu plus des liens tissés autour de lui par « Zedu » ? Nos certitudes, si nous en avions encore, volent en éclats…

Le pari de l’objectivité

Le numéro triple que nous publions ce 17 décembre est le dernier de cette drôle d’année. Il intègre, en grande partie, le contenu de ce qui était jusqu’ici un hors-série, lancé en 2004 et baptisé « L’état de l’Afrique » : 204 pages destinées à vous éclairer sur l’évolution, en 2018 et au-delà, d’un continent que nous décryptons en profondeur chaque semaine depuis cinquante-huit ans.

En faisant le pari de l’objectivité, en nous affranchissant des prismes déformants et des points de vue, au sens propre, qui empêchent de le voir tel qu’il est réellement et tel que les Africains eux-mêmes le perçoivent. C’est un long et passionnant voyage que nous vous proposons, au cœur des réalités mais en prenant la hauteur requise. Au programme, des enquêtes menées aux quatre coins de l’Afrique, de Bizerte au Cap, de Dakar à Mogadiscio.

Et un large spectre de domaines et de thèmes – vie politique, diplomatie, enjeux économiques, évolutions sociétales, éducation, consommation, mode, technologies – passés au crible par notre rédaction et nos chroniqueurs, et significatifs des bouleversements rapides de nos sociétés ainsi que de nos rapports avec le reste du monde.

L’année 2018 sera également pour Jeune Afrique celle de grands changements

Sans oublier les 54 fiches pays pour tout comprendre des trajectoires suivies par chacun de nos États. Leurs progrès, leurs lacunes, leurs dirigeants et, surtout, les défis qu’ils vont affronter en 2018 sur les plans politique comme économique. Une année qui s’annonce riche en rendez-vous électoraux : présidentielles au Mali, en Égypte, au Cameroun, à Madagascar, au Zimbabwe et, peut-être, en RD Congo ou au Soudan du Sud. Législatives en Mauritanie, en Guinée, au Togo, à Djibouti, au Rwanda, en Guinée-Bissau ou à São Tomé, entre autres. Si tout se passe bien, évidemment.

Jeune Afrique évolue

L’année 2018 sera également pour Jeune Afrique celle de grands changements. Une nouvelle formule de l’hebdomadaire verra le jour à la fin du mois de janvier. Le fond comme la forme du magazine vont considérablement évoluer, pour vous donner accès chaque semaine à un contenu que nous espérons de qualité, en prise avec l’actualité et faisant la part belle à l’analyse pour vous aider à savoir, mais aussi et surtout à comprendre.

Une évolution d’envergure, rendue indispensable par celle de notre époque, à la fois transparente, parce que l’on sait presque tout, tout de suite et partout, et opaque, parce que l’on peine à discerner où vont le monde et les hommes dans un univers globalisé submergé par la surinformation, voire la mauvaise information. Dans la foulée de cette nouvelle formule, notre site jeuneafrique. com fera également sa révolution.

Pour se nourrir des événements, sans être dévoré par l’actualité. Bref, Jeune Afrique change, comme le continent qu’il tente de décrypter avec le plus de rigueur possible. Mais il restera fidèle à lui-même. En attendant, l’ensemble de notre rédaction vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année. Bonne lecture à tous !

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