Nouvelle-Calédonie : 1984-1989, les années sanglantes

En 1988, l’armée française prend d’assaut une grotte sur l'île d'Ouvéa où sont réfugiés les agresseurs de gendarmes et leurs 27 otages ©

C’est à la fin des années 1970 que le nationalisme kanak commence à faire parler de lui. Le paroxysme de la crise en Nouvelle-Calédonie débute avec la mort des « dix de Tiendanite », tombés dans une embuscade tendue par des caldoches, le 5 décembre 1984.

Au cours des années suivantes, les affrontements se multiplient. Le 11 janvier 1985, par exemple, le jeune Yves Tual, 17 ans, est tué par des Kanaks… Le lendemain, le leader indépendantiste Éloi Machoro est abattu par un tireur du GIGN. Un climat de guerre civile s’installe.

La tragédie finale a lieu le 22 avril 1988 sur l’île d’Ouvéa. La gendarmerie du chef-lieu de Fayaoué est attaquée, quatre gendarmes sont tués, l’armée prend d’assaut une grotte où sont réfugiés les agresseurs et leurs vingt-sept otages.

Signature des accords de Matignon en 1988

Au total, dix-neuf Kanaks et deux militaires perdent la vie. Une « mission du dialogue » est alors mise en place. Composée de représentants des communautés catholique, protestante et franc-maçonne, elle est dirigée par le préfet Christian Blanc, ancien secrétaire général du territoire. Elle va poser les bases des accords de Matignon qui, le 26 juin, mettront fin aux hostilités. Lesdits accords seront ratifiés le 6 novembre par un référendum.

Le 4 mai 1989, Jean-Marie Tjibaou et Yéwéné Yéwéné, les deux signataires kanaks du texte, seront assassinés par un indépendantiste irréductible.

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