Présidentielle au cameroun : Laurent Esso, l’Épervier de Douala

Laurent Esso. © D.R.

Laurent Esso est l'un des hommes forts, mais modeste et discret, du gouvernement camerounais.

Lorsqu’on le voit jardiner dans sa résidence du quartier populaire de Mvan, à Yaoundé, difficile de l’imaginer en locataire du palais d’Etoudi. Pourtant, Laurent Esso, tout-puissant ministre de la Justice, ne manque pas d’atouts. Il a occupé presque tous les postes politiques d’importance, au secrétariat général de la présidence, au cabinet civil, à la Défense ou aux Relations extérieures, et a gardé une parfaite connaissance des arcanes de la diplomatie et de l’armée. Beaucoup doivent leur poste à ce Deïdo originaire de Douala, véritable patron du RDPC dans sa région du Littoral.

Modeste et discret, l’homme a trois passions : le jardinage, donc, Dieu – fervent catholique, il fréquente la chapelle du quartier Elig-Effa – et Paul Biya. Ce dernier le lui a bien rendu, en lui confiant les rênes de son opération mains propres dénommée Épervier, que beaucoup considèrent aujourd’hui comme le bras armé d’Esso.

Lutte d’influences

À 75 ans, il est l’un des rares à s’opposer à l’influence de René Emmanuel Sadi et s’appuie sur ses propres réseaux, composés d’hommes d’affaires, comme le baron du BTP Paul Éric Djomgoue, et d’hommes politiques, comme l’ancien secrétaire d’État à la Santé Simon Bolivar Njami-Nwandi, l’actuel ministre des Enseignements secondaires, Jean Ernest Ngalle Bibehe, ou le consul de Norvège, Maurice Bertrand Kouoh Eyoum, chez qui il va déguster le week-end du ndolé aux crevettes, son plat préféré.

Enfin, il dispose dans les médias d’importants relais d’influence. La chaîne Vision 4, le journal L’Anecdote et la radio Satellite FM lui sont considérés comme acquis, au point que Jean-Pierre Amougou Belinga, patron du groupe L’Anecdote, qui regroupe ces médias, a parfois été son porte-parole, y compris lorsqu’il a fallu démentir la rumeur de son décès, en novembre 2010.

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