Guerre des lobbies en Tunisie : à chacun son think tank

Khayam Turki, autre dissident d’Ettakatol, a créé Joussour, qui axe son travail sur le renouvellement de la pensée politique et le dialogue entre les différentes idéologies. Ici dans son bureau des Berges du lac, à Tunis, le 18 février. © Ons Abid pour J.A.

Depuis les élections de 2014, les think tanks se sont imposés et canalisent les débats publics.

« Cet essor répond au besoin d’expertise des élites politiques, qui ont une connaissance très vague des réalités sociales et économiques du pays », explique la politologue Olfa Lamloum. Laboratoires d’idées, ils sont une trentaine à repenser le développement et sont pour la plupart les fruits d’initiatives de figures issues de la politique, ou qui en sont proches, appuyées par des économistes et des universitaires.

Le Cercle Kheireddine mène une réflexion économique et sociale ; Solidar, fondé par Lobna Jeribi, ancienne du parti Ettakatol, accompagne les processus législatifs avec un soutien aux élus, tandis que Joussour, créé par Khayam Turki, autre dissident d’Ettakatol, axe son travail sur le renouvellement de la pensée politique et le dialogue entre les différentes idéologies.

Lobna Jeribi, ancienne du parti Ettakatol a fondé Solidar qui accompagne les processus législatifs avec un soutien aux élus. © Samir Abdelmoumen by Wikimedia Commons

Certains partis se dotent de think tanks, comme Ennahdha avec le Centre Binaa maghrébin des études stratégiques (CBMES), tandis que Jasmine Foundation, dirigé par Tasnim Chirchi, fille de Rached Ghannouchi, met en perspective idées et réalités du terrain. D’autres font l’inverse : Tunisie Alternatives, créé par l’ancien chef de gouvernement Mehdi Jomâa, a été le socle de la création de son parti, Al Badil.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici