Sommet UA-UE : quand Rabat choisit d’ignorer la RASD

Par Jeune Afrique

Photo de famille, à Abidjan, le 29 novembre. Ahmed Ouyahia (de dos) salue Mohammed VI. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Lors du sommet UA-UE les 29 et 30 novembre à Abidjan, le Maroc a délibérément ignoré la présence de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

Pour le Maroc, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est « invisible », avait déclaré Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères, à l’agence de presse espagnole EFE. De fait, au sommet UA-UE d’Abidjan (29-30 novembre), les deux délégations n’ont pas échangé un regard et ont pris soin de s’éviter. Lorsque Brahim Ghali, le président de la RASD, a croisé Mohammed VI, un garde du corps du roi a « diplomatiquement » fait barrage…

Ghali a tout de même salué Alassane Ouattara, bien que la Côte d’Ivoire ait refusé de l’inviter à ce sommet. Le dossier du Sahara occidental n’en a pas moins été évoqué lors des premiers entretiens de M6 avec les présidents Jacob Zuma (Afrique du Sud) et João Lourenço (Angola), qui tous deux reconnaissent la RASD et avaient menacé de boycotter le sommet si elle n’y était pas conviée.

A distance de l’Algérie

Conduite par Mohammed VI et par son frère, le prince Moulay Rachid, la délégation marocaine, qui était l’une des plus nombreuses, s’est également tenue à distance des voisins algériens. La poignée de main que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a échangée – à son initiative – avec M6, et à l’occasion de laquelle il lui a transmis « les salutations du président Bouteflika », a suscité des polémiques sur les réseaux sociaux en Algérie.

À l’issue de la réunion plénière avec ses homologues, Abdelkader Messahel, le ministre algérien des Affaires étrangères, qui s’est récemment distingué par des propos marocophobes, a souhaité poser sur la photo de famille à côté de Nasser Bourita, lequel a discrètement demandé à la Rwandaise Louise Mushikiwabo de se placer entre eux. Ambiance !

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