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Cet article est issu du dossier «Maroc : retour sur le bras-de-fer entre Benkirane et El Othmani pour la direction du PJD»

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Politique

Maroc : retour sur les 12 derniers mois d’Abdelilah Benkirane

Abdelilah Benkirane, Premier Ministre et leader du PJD,, chez lui à Rabat, le 3 octobre 2016. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Que s'est il passé entre octobre 2016, et la reconduction de Benkirane au poste de Premier ministre, et novembre 2017, avec son éviction programmée de la tête du PJD ?

• 10 octobre 2016

Quarante-huit heures après l’annonce des résultats définitifs des législatives, Abdelilah Benkirane est reconduit comme chef du gouvernement. Il a déjà une idée de la composition de sa future majorité, avec un Istiqlal et un PPS acquis à sa cause. Mais il lui faut aussi l’appui de l’incontournable RNI. Quant au soutien de l’USFP, il ne veut même pas en entendre parler.

• 28 décembre 2016

Benkirane est reçu en audience par le président mauritanien au lendemain de la crise diplomatique suscitée par les propos de Hamid Chabat. Il revient convaincu qu’il ne peut faire autrement que de sacrifier son alliance avec l’Istiqlal.

• 16 janvier 2017

L’adoption par le Parlement du projet de loi portant ratification de l’acte constitutif de l’Union africaine étant urgente, Benkirane doit concéder à l’USFP (soutenue par le RNI) la présidence de la Chambre des députés. Les députés PJD votent blanc pour signifier le maintien du veto contre la participation du parti socialiste au gouvernement.

 

• 15 mars 2017

Benkirane se rend au palais royal de Casablanca avec l’espoir de se plaindre auprès de Mohammed VI du comportement du RNI, qui n’accepte de rejoindre la majorité gouvernementale qu’avec l’USFP. Mais il déchante : il est accueilli par deux conseillers royaux, qui lui notifient la décision du souverain de le décharger du poste de chef du gouvernement.

• 12 avril 2017

À la surprise générale, Benkirane démissionne de son siège de député. Le site du PJD explique qu’il s’agit de la rectification d’une situation non réglementaire puisque le secrétaire général devait renoncer à son mandat quand il a été nommé chef du gouvernement. Argument qui aurait été recevable s’il avait renoncé à son siège avant son limogeage.

• 12 juin 2017

Abdelilah Benkirane préside, pour la première fois depuis la nomination du gouvernement El Othmani, une réunion du secrétariat général du parti. Une rencontre très tendue, puisque la fracture au sein du PJD se dessine : les ministres du parti sont accusés de trahison, et certains militants appellent à un retrait du gouvernement.

 

• 15 juillet 2017

Le PJD tient un conseil national extraordinaire qui fixe la date du 8e congrès national au 9 décembre. La proposition d’amendement de l’article 16, ouvrant la possibilité d’un troisième mandat de Benkirane, est débattue, mais pas tranchée.

• 15 octobre 2017

La commission des règlements et des procédures accepte d’introduire des amendements au règlement intérieur du parti, notamment le fameux article 16. Une première bataille gagnée par le clan Benkirane, mais qui se révélera insuffisante.

• 26 novembre 2017

Par 126 voix contre 101, l’amendement de l’article 16 est rejeté par le conseil national extraordinaire. Abdelilah Benkirane est définitivement hors course : il n’est pas éligible à un troisième mandat de secrétaire général du PJD.

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