Côte d’Ivoire : l’antiterrorisme s’installe à Cocody

Par Jeune Afrique

Des soldats ivoiriens à Abidjan, en mai 2014. © Bruno Levy pour Jeune Afrique

C’est une première à Abidjan. Au premier semestre de 2018, un bâtiment ultrasécurisé de 10 000 m2 abritera sur trois étages tous les services d’espionnage et de contre-espionnage de la police. Par ailleurs, le chef de l'État a renforcé les prérogatives d'Hamed Bakayoko, son ministre de la Défense.

Situé dans le quartier de Cocody, entre l’École nationale de police et l’École de gendarmerie, le bâtiment réunira sur un seul site les renseignements généraux, que dirige le commissaire Seydou Touré, la Direction de la surveillance du territoire de son homologue Inza Diomandé et la Direction de l’informatique et des traces technologiques, placée sous la responsabilité du lieutenant-colonel Guelpetchin Ouattara.

Financé par l’État (coût estimé à 25 millions de dollars), ce projet est mis en œuvre par le Conseil national de sécurité (CNS), dont le secrétaire exécutif, Fidèle Sarrassoro, est aussi le directeur de cabinet du président, Alassane Ouattara. Le centre d’écoutes téléphoniques, basé dans un grand hôtel d’Abidjan, sera également transféré dans ce nouveau siège.


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« Hambak », pilier de la Défense

Dans le même temps, Alassane Ouattara renforce l’autorité de son ministre de la Défense. Selon nos sources, le chef de l’État a ordonné que Hamed Bakayoko ait la haute main sur tout le budget militaire (qui s’élèvera en 2018 à 337 milliards de F CFA). Ce qui n’était pas le cas pour son prédécesseur, Alain-Richard Donwahi, dont les dépenses liées à la logistique ou aux équipements étaient gérées par le Conseil national de sécurité.

Depuis sa nomination, en juillet, « Hambak » a établi une relation de proximité avec les officiers, n’hésitant pas à partager une séance de sport avec eux ou à jouer les cuisiniers, fin août, dans une caserne de Bouaké.

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