Photographie : Malick Sidibé, métamorphose d’un artisan

"Les apprentis fumeurs", 1976. © Malick Sidibé

Un des mérites de l’exposition de la Fondation Cartier est de présenter le travail original de Malick Sidibé.

Quelle différence entre les petites vignettes souvenirs vendues par le photographe les lendemains de fête et les très grands tirages réalisés une quarantaine d’années plus tard sous la houlette d’André Magnin ! À tel point qu’on se demande si ce dernier n’a pas « fabriqué » un artiste dont les œuvres se monnaient aujourd’hui entre 1 500 et 8 000 euros l’unité, suivant le format, selon le galeriste Olivier Sultan.

Sidibé, comme tout photographe de fête, était condamné à produire beaucoup et, forcément, n’a pas laissé derrière lui que des chefs-d’œuvre. Lui qui partait en club avec sa bicyclette vers 23 heures pour ne rentrer qu’à 5 heures du matin avouait utiliser « jusqu’à 6 pellicules de 36 poses pour une surprise-partie ». Il explique aussi que, souvent, « les jeunes se positionnaient d’eux-mêmes ».

Artiste entier

Sidibé aurait alors seulement été un bon technicien qui se trouvait au bon endroit au bon moment ? Non, car parfois il organisait bien ses compositions, comme pour ce Combat des amis avec pierres, l’une de ses photos les plus connues, soigneusement mise en scène. Surtout, en studio, à partir des années 1970, il a défini un style propre, auquel il est resté fidèle toute sa vie.

Enfin, selon Brigitte Ollier, commissaire associée de l’exposition, si son œuvre a pris une autre dimension lorsqu’il a commencé à travailler avec Magnin, elle n’a jamais échappé à son contrôle. Pour preuve, cette manière personnelle de « marquer » les grands formats, en signant, datant et apposant une petite légende souvent insolite d’une écriture rapide.

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