Djibouti – Somalie : le risque sans frontières

Par - à Djibouti

Membres du groupe terroriste somalien Al Shabab en patrouille à Mogadiscio, le 5 mars 2012. © Photo AP/SIPA

L’attentat qui a causé la mort de 358 personnes, le 14 octobre à Mogadiscio, a provoqué une onde de choc à Djibouti. Dès le lendemain, le pays a envoyé un avion transportant 29 médecins ainsi que 4 tonnes de matériel de premiers secours et de médicaments sur place.

Les Djiboutiens ont été les premiers, avec les Turcs, à réagir, sur le plan de la sécurité intérieure aussi. Encore marquées par l’attaque perpétrée en 2014 par les Shebab au cœur de la ville de Djibouti, les autorités n’osent pas imaginer les dégâts que pourrait causer un camion bourré de 2 tonnes d’explosifs, comme cela a été le cas dans la capitale somalienne. Ils ont donc interdit à tous les véhicules provenant du Somaliland d’entrer sur leur territoire. Les poids lourds doivent décharger leurs marchandises à la frontière côté somalien, où celles-ci sont récupérées pour être acheminées à Djibouti.

La stabilisation de la Somalie est essentielle pour Djibouti

Par sa proximité géographique et culturelle – et au nom d’une fraternité issa pour une partie de la population, dont le président –, la petite République est toujours très concernée par les événements qui viennent troubler son voisin. « La stabilisation de la Somalie est essentielle pour Djibouti », assure un conseiller du chef de l’État.

Un tiers de l’armée djiboutienne en Somalie

Un tiers de l’armée djiboutienne, soit près de 2 000 hommes, campe aujourd’hui de l’autre côté de la frontière, dans le cadre de la Mission de l’Union africaine pour la Somalie (Amisom), dont elle assure le commandement depuis 2016. Et contrairement aux autres contingents étrangers, « elle n’a jamais subi d’action armée de grande envergure », rappelle un observateur. Son rôle a été souligné lors de la visite à Djibouti du président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed dit Farmajo le 24 octobre.

Cette présence n’empêche cependant pas Djibouti de sentir un danger « de l’intérieur ». Les autorités craignent des infiltrations de terroristes au milieu des réfugiés et des clandestins qui s’entassent dans le bidonville de Bouldouqo, situé aux portes de la capitale, à une quinzaine de kilomètres seulement du Somaliland. Le gouvernement tente de garder le contrôle en « décasant » certains de ses habitants, avec la promesse de mieux reloger ceux qui seront autorisés à rester. Solidarité bien ordonnée…

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