Djibouti – France : « Un climat favorable au dialogue »

Par - envoyé spécial

Le président français Emmanuel Macron à Gao, au nord de Mali, pour l'opération Barkhane, le 19 mai 2017. © Christophe Petit Tesson/ Pool via AP/SIPa

Les autorités djiboutiennes espèrent faire comprendre à la France que le pays n'est plus qu'un simple point d'encrage sécuritaire, mais un carrefour économique de la Corne africaine. Depuis l'élection d'Emmanuel Macron aux présidentielles, l'environnement diplomatique semble avoir évolué.

« L’élection du président Macron est un signe du destin pour Djibouti. Il est né en 1977, comme le pays. » La comparaison, faite par un responsable gouvernemental djiboutien sous forme de boutade, pourrait bien symboliser les espoirs – semble-t-il réciproques – d’un réchauffement entre Djibouti et la France. Mais également la volonté de sortir du malentendu qui colore leurs relations depuis l’arrivée progressive d’autres contingents militaires dans la petite république et de la Chine, devenue son principal partenaire économique.

« Nous avons en effet l’impression qu’il existe, ces derniers mois, un climat favorable au dialogue entre deux pays qui se veulent du bien », reprend notre observateur privilégié. Comme le sont les liens historiques et stratégiques tissés depuis plus d’un siècle entre Paris et son ancienne colonie.

Rapports tendus depuis 2000

La France n’est-elle pas le seul pays à avoir signé avec Djibouti un traité de coopération en matière de défense ? Pourtant, depuis la décision prise par le président Jacques Chirac de ne pas financer la construction du terminal de Doraleh en 2000, obligeant Djibouti à aller chercher ailleurs – en l’occurrence auprès de Dubaï – l’argent qu’on lui refusait à Paris, les rapports entre les deux pays se sont distendus.

Les autorités comptent sur le réalisme d’Emmanuel Macron pour que cessent ces vieilles querelles

Tout comme leurs échanges commerciaux. Alors que l’économie djiboutienne est en plein boum, dopée par des milliards de dollars d’investissements, les exportations françaises ne dépassent pas la centaine de millions de dollars par an. Et sur place, la présence d’entreprises du CAC40 est des plus discrètes. « La France doit nous considérer comme un hub économique et non plus seulement comme un point d’ancrage sécuritaire », affirme un diplomate djiboutien.

Les autorités du pays comptent donc sur le réalisme d’Emmanuel Macron pour que cessent ces vieilles querelles. Les propos du président français, affirmant, lors de la visite de son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, fin octobre à Paris, ne pas avoir de leçon à donner, ont particulièrement retenu leur attention. La tentation de rencontrer rapidement le nouveau chef de l’État français, au moins avant les élections législatives de février prochain, est donc grande pour le président Ismaïl Omar Guelleh (IOG).

Les deux hommes pourraient se croiser fin novembre à Abidjan, lors du sommet Union africaine-Union européenne (UA-UE). Ils auront alors l’occasion d’échanger sur la meilleure façon de renforcer les relations économiques entre leurs deux pays, dix mois seulement après la visite d’IOG au siège parisien du Medef (principale organisation patronale française), qui, malgré quelques frémissements, n’a débouché sur rien de concret.

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