Djibouti, terre promise du monde de la finance

Siège du chinois Silkroad International Bank, dans la capitale. © Olivier Caslin / JA

Asie, Amérique du Nord, Europe… Les établissements financiers viennent des quatre coins de la planète pour s’implanter dans le futur Singapour africain.

Il est loin le temps du monopole bancaire à Djibouti. Depuis l’ouverture du secteur en 2006, les filiales locales des français BNP Paribas et Crédit agricole se sont retrouvées noyées dans un flot de nouveaux arrivants en provenance d’horizons très divers.

Seul le groupe Bred Banque populaire, qui a remplacé BNP Paribas dans le capital de la Banque pour le commerce et l’industrie de la mer Rouge (BCIMR) en 2007, est encore présent à Djibouti depuis que Bank of Africa (BOA) a racheté les parts du Crédit agricole en 2010 pour fonder sa filiale locale, BOAMR.

Installation chinoise

Entre-temps se sont installés des établissements à capitaux suisses, brésiliens, malaisiens, éthiopiens, attirés par les perspectives d’un marché où presque tout restait à faire. « Jusqu’en 2006, seuls les fonctionnaires et les employés du secteur formel pouvaient détenir un compte », rappelle un expert financier djiboutien.

On observe notamment un engouement inédit de la part des banques chinoises

Et, alors que le pays devrait atteindre une croissance de 7 % en 2017 et en 2018, une deuxième vague d’établissements financiers regarde avec intérêt dans sa direction.

On observe notamment un engouement inédit de la part des banques chinoises, motivées par les milliards de dollars dépensés par Pékin pour équiper Djibouti et par les yuans des milliers de ses ressortissants qui y travaillent.

Grands groupes bancaires

En ouvrant sa première agence dans le nouveau quartier huppé de Haramous, en 2017, Silkroad International Bank (SIB) est devenu le premier établissement commercial chinois à s’installer dans le pays et dans la sous-région. Dans son sillage, un géant pourrait s’installer prochainement : Bank of China, numéro deux du secteur sur son territoire et quatrième au niveau mondial.

Les banques algériennes, marocaines, tunisiennes et même russes lui portent actuellement une attention soutenue

Si elle se confirme, l’arrivée d’un tel acteur pourrait rapidement bouleverser la donne et donner un peu plus de poids au rêve des autorités djiboutiennes de faire du pays un carrefour financier régional. D’autant que des banques algériennes, marocaines, tunisiennes et même russes lui portent actuellement une attention soutenue.

C’est aussi le cas de l’américain Citigroup, qui serait en discussion avec BOA pour, dans un premier temps, devenir son correspondant en matière de change avec les places financières occidentales et remplacer Deutsche Bank, qui a jeté l’éponge. « Citigroup peut devenir un opérateur majeur à plus long terme, avec l’Éthiopie dans sa ligne de mire », estime un banquier local qui, comme ses confrères, est persuadé que Djibouti dispose de tous les arguments pour devenir « le Singapour de la Corne ».

 

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