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"Cet article est issu du dossier" «Le marché du gaz en voie d'explosion en Afrique»

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Des gazoducs transfrontaliers aux succès variables

Travaux de construction de la centrale à gaz de Kribi au Cameroun © Renaud VAN DER MEEREN / JA

En Afrique de l’Ouest, Wapco – West African Gas Pipeline Company, dont Chevron est le premier actionnaire –, qui pilote le gazoduc reliant le Nigeria au Ghana, a connu bien des péripéties depuis son démarrage en 2007.

Desservant la mégapole de Lagos, dont la consommation croît de manière exponentielle, la part de gaz exportée en dehors du Nigeria vers le Togo, le Bénin et le Ghana a été réduite à la portion congrue.

En 2016, le Nigeria a par ailleurs coupé l’approvisionnement du Ghana au motif de 180 millions de dollars (environ 160 millions d’euros) de factures impayées. Depuis, l’exportation a repris, et Wapco a même annoncé en août 2017 une extension du gazoduc jusqu’en Côte d’Ivoire, mais les besoins énergétiques croissants du Nigeria laissent dubitatif sur la possibilité d’exporter davantage de gaz vers l’Afrique de l’Ouest. Ce qui explique en partie le choix de la Côte d’Ivoire de se tourner vers l’importation de GNL.

Coopération fructueuse

A contrario, le complexe gazier Mozambique-Afrique du Sud mené par Sasol est un succès. La compagnie sud-africaine approvisionne ses centrales électriques de Secunda et Sasolburg, situées dans le nord de l’Afrique du Sud, à partir des gisements mozambicains de Temane (depuis 2004) et de Pande (depuis 2009). Son gazoduc de 865 km dessert au passage la centrale mozambicaine de Ressano Garcia, proche de la frontière sud-africaine, opérée par la compagnie des hydrocarbures nationale ENH, coactionnaire de ce projet transnational qui a coûté jusqu’à présent 2 milliards de dollars.

Avec les besoins d’électrification croissants du Mozambique et particulièrement de la capitale Maputo, le pays producteur prend une part minoritaire mais grandissante de la production gazière des deux champs depuis 2009, autour de 20 % actuellement. Une coopération fructueuse qui permet au Mozambique de faire croître graduellement son réseau électrique alors que les autres projets gaziers du pays, plus importants par leur taille mais tournés vers l’export, ne sont pas encore entrés en production.

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