Football : les transferts périlleux de joueurs congolais en Belgique

Dieumerci Mbokani a évolué au sein du club Anderlecht de 2006 à 2007 puis de 2011 à 2013. © JOHN THYS/BELGA/AFP

Le championnat de Belgique est un de ceux, en Europe, qui accueille le plus d’étrangers en général et d’Africains en particulier. Les Congolais ne sont pas forcément les plus nombreux, mais, notamment de par l’histoire qui lie leur pays à la Belgique, ils restent solidement ancrés dans la réalité du football belge.

« La RDC dispose d’un réservoir de joueurs très important », explique l’agent Louis de Vries, qui a beaucoup travaillé dans cette partie de l’Afrique dans les années 1980 et 1990. Depuis la signature de Léon Mokuna, le premier Congolais à jouer en Belgique – La Gantoise en 1957 –, le flux ne s’est jamais interrompu, notamment grâce à des agents qui ont très vite sillonné le pays à la recherche de joueurs au niveau. « Il faut bien sûr se déplacer, pour aller observer des matchs, mais aussi avoir des relais locaux, le territoire congolais étant particulièrement vaste », poursuit Louis de Vries.

L’Italo-Belge Fabio Baglio s’est montré très actif dans le pays. Il est à l’origine notamment du recrutement pour le RSC Anderlecht des attaquants Dieumerci Mbokani (ex-TP Mazembe) en 2006 et Junior Kabananga Kalunji (ex-MK Étanchéité) en 2010. Les deux footballeurs évoluent désormais en Ukraine (Dynamo Kiev) et au Kazakhstan (FC Astana).

Intermédiaires douteux

Baglio a l’habitude de travailler avec l’homme d’affaires congolais Max Mokey, président du MK Étanchéité et longtemps considéré comme le relais local du club d’Anderlecht. Si aujourd’hui les achats de joueurs semblent mieux cadrés, des agents peu scrupuleux ont sévi en RDC pendant de nombreuses années, comme le rappelle De Vries : « Des intermédiaires véreux venaient se greffer sur les opérations, en promettant la lune aux footballeurs. Beaucoup d’entre eux se sont fait arnaquer et se sont retrouvés livrés à eux-mêmes en Belgique, obligés de rentrer au pays. »

Les cas de ces joueurs exploités, « parfois victimes de racisme, voire de maltraitance », poursuit notre agent, ont incité les clubs belges à prendre davantage de précautions concernant l’identité des intermédiaires avec qui ils travaillent. Certains, comme Anderlecht et le Standard de Liège, ont même préféré nouer directement des partenariats avec des formations congolaises – respectivement l’AS Vita Club de Kinshasa et le TP Mazembe.

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